Samedi 27 juin 2009
Y’en avait marre de la Grosse Bertha, armoire certe pratique mais Ô combien encombrante dans la chambre ! Projet fut donc fait de la remplacer par une étagère modulable. L’idée de départ était de fabriquer des cubes superposables à volonté mais ça demandait trop de bois. Exit les cubes et place à une étagère cubique avec des cases cubiques. C’est là que la Meya a eu l’idée des encoches à la place des vis pour imbriquer les planches entre-elles. Je peaufine le projet en lui donnant une forme en escalier. Et v’là le résultat !
Étagère en escalier

Le succès passe par un plan méticuleux où sont indiquées toutes les mesures. N’étant pas chien, j’ai scanné la feuille recto-verso pour tous amateurs de bricolage (les images peuvent être agrandies en cliquant dessus).
Si vous avez fait du bon boulot, voici ce que vous devriez obtenir avant l’assemblage rapide (moins de 30 minutes).
Planches horizontales

Planches verticales

Bon, bon, l’étagère n’est pas tout à fait cubique puisqu’elle a une profondeur de 40 cm mais on va pas chipoter dessus. j’ai mis peu de fixations, les encoches et le poids des vêtements suffisent à maintenir l’édifice. Il ne reste plus qu’à passer un peu de peinture (ou de la lasure, j’hésite encore).
L’idée des encoches fut confirmée par ce blog et ma foi, ce n’est pas une mauvaise méthode ! Le plus long est de couper les encoches (j’avais commandé les planches découpées à une entreprise de menuiserie), pas d’autre solution faut de l’huile de coude et… une bonne scie sauteuse ! Faut dire que j’avais pété la lame avec ma vieille scie sauteuse. J’en profite alors pour acheter une nouvelle, de bonne marque, et quelle différence ! Avant, j’en prenais plein les vibrations du poignet jusqu’aux dents, c’était super lent au point d’en avoir des crampes dans le bras. Avec la nouvelle, c’est du velours, limite pousser avec le p’tit doigt, ça coupe nickel droit et plus de vibrations. Par contre, je me ramassais la sciure. Non, je la bouffais, je me shampouignais avec !
Bref, vous pouvez aussi modifier les dimensions de l’étagère en se basant sur le plan. Outre la fierté de l’avoir fait de ses propres mains, c’est moins cher que de commander une étagère sur mesure. Grazie au pater qui m’a donné le virus des étagères faites maison…
Jeudi 25 juin 2009
Ces derniers temps, je délaisse un peu le blog. Pas vraiment d’idées, pas trop l’envie d’écrire. C’est ma période « creuse », je fais autre chose: je bricole, je profite du superbe soleil de la région d’Aix, je fais du VTT, etc. Jusqu’à ce soir où j’expérimentais plusieurs petits jeux et je suis tombé sur « Master Blocks » qui a bien réussi à me rendre fou ! De rage, de frustration, de désespoir. « Attends un peu p’tit salopiaud, j’vais y arriver ! »
Le jeu est tout con: amener le cube à son point d’arriver à l’aide des touches directionnelles. Si vous faites un « pas » de trop, zou ramené à la case départ.
Bon, jusque là ça va.
Mais il faut le faire dans un temps imparti, allez un p’tit chronomètre rien que pour stresser un brin le joueur.
Jusque là, ça va.
Mais pendant le déplacement du cube, la zone se met à tourner, à avancer, à reculer, à tourner, à faire des va et des vient. Difficile alors de se concentrer et de ne pas se tromper de déplacement pour ne pas revenir à la case départ.
Et là, ça va pô du tout !
Ah les enculés ! Et je recommence inlassablement…
Me suis fait avoir ?
Pour jouer, cliquez sur l’image

Samedi 20 juin 2009
Cliquez sur l’image pour télécharger le fichier pdf

Madeleine Brunerie a été pendant 28 ans la secrétaire de Jacques Monod. Elle a été ainsi témoin privilégié de la grande période de la génétique microbienne à l’Institut Pasteur, ainsi que de la naissance de la biologie moléculaire en France. Pendant toutes ces années, elle a consigné en sténo dans ses « petits carnets », au jour le jour, les faits marquants de sa journée. C’est la transcription des mémoires de Madeleine Brunerie qui est ici mise en ligne. A travers ce compte rendu minutieux, elle fait émerger la singularité de la vie scientifique du laboratoire pendant cette période exceptionnelle. Ce texte a été édité par Gabriel Gachelin (REHSEIS, UMR CNRS-Paris 7) et mis en ligne par Daniel Demellier (Service des archives de l’Institut Pasteur).
(Source –> X)
Tout est dit dans cette courte présentation sur les mémoires de Madeleine Brunerie que j’avais repérées grâce à l’article de Enro: Jacques Monod au jour le jour. J’ai pu trouver un peu de temps de lire les quelques deux cents pages et des brouettes. La lecture fut passionnante car il est rare de vivre au plus près le quotidien d’un laboratoire de recherche. C’est une véritable occasion de s’apercevoir que, tous scientifiques qu’ils soient, ils restent avant tout des êtres humains avec leurs certitudes et doutes, les rapports entre eux, les tensions et les bons moment, la hiérarchie, etc.
Bien sûr, ce n’est nullement objectif puisque nous avons cet aperçu de la vie en laboratoire par le regard de Madeleine Brunerie. Mais c’est bien là cette subjectivité qui fait son charme et permet d’introduire un angle inédit. Et pas de n’importe quel laboratoire ! Celui de Jacques Monod qui fut un grand scientifique et un grand humaniste. Au point de recevoir le prix Nobel de Médecine, en 1965 (avec François Jacob et André Lwoff), pour ses travaux montrant que « l’ADN est le point de départ des réactions biochimiques qui, par l’intermédiaire de l’ARN, produisent les protéines nécessaires à la vie des cellules donc à la vie tout court ». Cependant, ce ne sont pas ses travaux qui sont révélés mais une relation profonde entre Madeleine Brunerie et Jacques Monod, son grand Patron. Une relation étalée sur des années et qui, sans nul doute, aura beaucoup aidé Monod moralement. Il apparaît que Brunerie fut un rouage essentiel au fonctionnement du laboratoire de Monod et de l’institut Pasteur, plus globalement. Sans elle, que serait-il passé ? Les mémoires abordent également un passage passionnant: l’attente du Prix Nobel, sans cesse repoussé à l’année prochaine jusqu’au jour J… Les espoirs, les attentes, les déceptions et finalement la consécration sont décrits, passionnant !
Son style d’écriture est charmant, un rien naïf et je ne sais si cela vient d’elle ou de l’époque: les années cinquante, bien avant la révolution de mai 68 (à moins que ce ne soit les deux ?). Bien que l’humour soir présent, elle manque souvent de confiance en elle et, de ce fait, peut parfois agacer. Ce qui m’a le plus frappé est son dévouement absolu à l’institut Pasteur. Au point de donner l’impression de ne pas avoir eu de vie privée, à part donner des pièces de théâtre amateur. Il fallait même parfois la pousser pour qu’elle prenne des vacances et encore, elle se culpabilisait de laisser Monod tout à son travail. Pas de mari, du moins elle n’en parle jamais. Entièrement dévoué, il n’y a pas d’autre mot: l’institut Pasteur est toute sa vie, bien qu’elle raconte sa jeunesse et la seconde guerre mondiale.
Les mémoires de Madeleine Brunerie constituent un ouvrage inédit qu’il serait dommage de ne pas découvrir pour qui veut s’intéresser au vécu de la science. Celle qui nourrit les rêves.
En savoir plus…
- Madeleine Brunerie: notice biographique
- Jacques Monod: repères chronologiques
- Jacques Monod: biographie
Jeudi 18 juin 2009
J’ai longtemps entendu parler de cette fameuse collection des minéraux, située à Jussieu. Renfermant, paraît-il, des superbes pierres aux couleurs et aux formes très variées.
Cavansite

(Source image –> X)
Créée au début du XIXe siècle, la collection des minéraux compte parmi les plus anciennes et les plus remarquables du monde. La sélection proposée aux visiteurs du musée se fonde sur la rareté, la qualité et la beauté des minéraux mais également sur leur importance dans les sciences de la Terre ou les applications industrielles et artistiques.
[...]
La collection comprend 13 000 échantillons, dont 1500 sont exposés. Les minéraux sont exposés dans 24 vitrines panoramiques classées selon la composition chimique et la structure (pour les silicates). La présentation est inspirée de la salle des Joyaux de la couronne d’Iran. De nombreux spécimens méritent une attention particulière comme les cristaux de cumengéite avec leur singulière forme étoilée et leur bleu intense, une exceptionnelle série de cristaux de kunzite qui changent de couleur suivant l’angle où on les regarde ou encore le plus grand cristal de tétraédrite connu.
Oeuf en ambre

(Source image –> X)
Récemment, je me suis enfin décidé à jeter un oeil et même les deux mirettes. Déjà, l’entrée n’est pas mise en valeur. On descend dans les sous-sols peu reluisants de Jussieu et voilà le guichet puis, à droite, l’entrée dans la salle de la collection. Une salle assez sombre avec des lumières tamisées et, à perte de vue, des vitrines cubiques renfermant les pierres. Que c’est beau ! C’est solennel, silencieux, la parole n’est pas de mise, laissant sa place à la contemplation.
C’est bien là le hic. C’est tellement solennel que la distance avec le public est tout de suite installée. Le manque d’informations sur l’histoire du musée et des pierres ne fait que renforcer cette distance. On sent tout de suite que c’est réservé aux spécialistes, aux connaisseurs et au détriment du grand public ou tout simplement du curieux. C’est une parfaite représentation de ce que je déteste: aucune explication, exposition enfermée en elle-même sans ouverture vers l’extérieur. Comment peut-on créer et maintenir des échanges dans ces conditions ? C’est la science figée par excellence, celle qui barbe tout le monde.
Oh, les pierres sont superbes ! Rien à redire dessus. Mais faute de ne savoir d’où elles viennent, comment elles se forment, l’oeil se lasse vite à voir sans savoir où poser son regard… Il ne faut pas être trop petit non plus, sous peine de se dévisser le coup pour observer les pierres placées à la dernière étagère du haut des vitrines cubiques. Et en plus, ce n’est guère accessible…
Alors oui, c’est un beau écrin que l’on se contente d’avoir vu en se disant « c’est beau ! » et que l’on oublie bien vite faute de ne pas avoir appris, de ne pas avoir été interpellé. N’est ce pas dommage ? J’ai bien exprimé ma pensée au guichet mais je doute que cela évoluera vraiment…
Plus de détails…
- Université Pierre et Marie Curie : Collection des minéraux
- Carion minéraux
Mardi 16 juin 2009
J’ai fini mon année universitaire, j’ai décroché mon master professionnel 2e année de l’école de journalisme et de communication de Marseille, spécialité « Média, Santé et Communication » avec mention. Brûlons les cahiers, brûlons l’école ! Me voilà donc en vacances ! Lanturlu, lanturlette…
En vacances ?
Pas tout à fait…
J’ai encore deux mois de stage à faire à l’Inmed (Institut de neurobiologie de la méditerranée) situé au parc de Luminy de Marseille. Mon projet consiste à réaliser quatre courts-métrages avec pour but de montrer la vie en laboratoire. C’est que nous avons tous nos idées reçus: les chercheurs en blouse blanche, la science immuable, sans gaieté et sans folie. Comme disait le disciple de Léonard: « je sers la science et c’est ma joie ». Au fond, le fonctionnement d’un laboratoire de recherche reste peu connu. J’espère, par ces films, montrer un aperçu qui sera utile à tous: aux néophytes et aux confirmés. Si tout va bien, ils seront diffusés sur le site de l’Inmed à la fin de mon stage.
Inmed: le bâtiment principal

J’avoue que c’est la première fois que je fais des tournages et des montages de film. C’est une expérience intéressante qui me servira pour l’avenir. Petite particularité: du fait de ma surdité, je tente de réaliser des courts-métrages basés uniquement sur l’image et le texte. Il n’y a pas de sons, pas de musique. Est ce que ça passera quand même ? le public seul, le dira.
Pour finir, ce n’est pas seulement une année d’études que je termine mais mes études tout court. Il ne me reste donc plus qu’à chercher du travail mais en quoi ? Dans le journalisme ou la communication scientifique ? Dans un laboratoire de recherche en tant qu’ingénieur d’étude ? Je me tâte encore…
Inmed: une passerelle entre ciel et terre

Dimanche 14 juin 2009
En me renseignant tous azimuts lors de mon installation à Aix-en-Provence, j’appris que j’avais droit à des places gratuites aux cinémas de la ville. « Chouette ! » C’était sans compter l’habituel parcours sinueux de service en service pour trouver le bon endroit et enfin mieux comprendre quels sont les conditions d’obtention et les modalités d’inscription. Ces places sont en fait destinés aux personnes touchant l’AAH (Allocation Adulte Handicapé). Ce qui était mon cas. Et c’est ainsi que j’ai reçu mon carnet de ticket d’invitations. Chouette ! Mais je dus bien vite déchanter. Pourquoi ? J’ai scanné un exemplaire et recopié le contenu en-dessous pour ceux qui n’arriveraient pas à lire:

Cette invitation est valable uniquement si elle est reliée au chéquier lors de sa présentation aux caisses. Elle ne peut être utilisée après 17h30, ni les samedis, dimanches, jours fériés et veilles, Cinefestival, Fête du cinéma ou autres manifestations exceptionnelles. Elle ne rend prioritaire en cas d’affluence. Tout mois non utilisé est perdu.
En gros, je ne peux profiter de la gratuité seulement en semaine et avant 17h30. Il y a tellement de restrictions qui font que je n’en profite pas. J’ai l’impression qu’on croit que les détenteurs de l’AAH sont des p’ôvs handicapés qui ne travaillent pas et, encore moins, font des études. Ils ont tous leur temps à ne rien foutre, alors on ne va pas leur accorder EN PLUS le droit de sortir le soir avec des amis ou en famille… Peut être que je me goure complètement mais c’est l’impression que je ressens. Le carnet contient en fait douze tickets, un par mois. La gratuité n’est accordée qu’une fois par mois en somme et encore si on trouve le temps d’y aller dans la journée en semaine… Sans parler des heures d’ouvertures du service administratif: seulement le matin… Tout ceci ne fait que renforcer mon impression décrite plus haut.
Alors quoi ? Soit la mairie instaure une véritable mesure pour les personnes titulaires de l’AAH en leur donnant la pleine mesure d’accès à la culture, soit la mairie ne fait rien et l’assume. Mais je refuse ce genre de position qui serait de donner quelques miettes pour faire bonne mesure et se donner bonne conscience. Nan mais !
Vendredi 12 juin 2009
Après le centre Pompidou (voir mon billet précédent), un petit tour à la Maison européenne de la photographie, un de mes endroits préférés de Paris. Deux expositions m’ont tapé dans l’oeil: « Etats de grâce » de Gérard Uféras et » Venise aux fenêtres » de Riccardo Zipoli. Attention, ils sont ouverts jusq’au 14 juin 2009, plus que deux jours donc !
« Etats de grâce »
Là, c’est la contemplation de superbes photographies en noir et blanc, traitant toutes de l’Opéra. Ses coulisses plutôt avec ses personnages, ses codes et ses rêves. La magie est reine et l’étoile est d’or dans nos prunelles. C’est vaporeux et somptueux à la fois, un mélange détonnant. Voici une des photos que j’ai appréciée (non, c’est pas pour ses nénés, bande d’obsédés !).

(Source image –> X)
« Venise aux fenêtres »
A l’étage au-dessous, c’est Venise représentée. Non pas Venise mais le reflet de Venise sur ses fenêtres. Chaque photo est associée des extraits de poèmes persans de Bidel ayant pour thème le miroir et le reflet dans le miroir. Ma foi, ce n’est pas très courant d’associer le reflet de la ville dans les fenêtres et des vers sur le miroir. Et encore, ce n’est pas la ville reflétée mais des détails comme des lampadaires, des statues… Et Bidel ? Né en 1644 et mort en 1720, c’est un: poète, philosophe et mystique, qui a vécu en Inde et qui est l’un des plus grands représentants de la littérature persane. Qoiqu’il en soit, c’est à l’abîme que nous confronte cette exposition…

“L’intérieur de tous les miroirs se montre en apparences extérieures, si pour nous la vision est lointaine, essayons d’en comprendre le voile !” [Bidel]
(Source image + citation –> X)



