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Mardi 9 mars 2010

Aaah, fourrer son doigt dans le nez, quel plaisir ! Mais si, mais si, vous l’avez tous fait au moins une fois dans votre p’tite vie. Le doigt qui se promène dans la narine, touillant consciencieusement de fond en comble, l’ongle s’arrêtant sur les crottes (dures ou molles) pour les gratter et les éjecter, voire même les manger pour les plus aguerris en suçant le doigt. Seulement, il arrive parfois que les crottes s’agglomèrent dans une touffe de poils et ça tire et ce n’est pas agréable. Vous avez beau gratter, ça ne veut pas partir alors il n’y a pas 36 solutions, soit vous laissez comme ça en cachant du mieux la touffe poilue crottée, soit vous prenez votre courage à deux mains en insérant deux doigts en forme de pince pour tirer d’un coup sec la touffe ou le poil de nez.

RROGNTUDJUUUU !!!

Cette injure à la Prunelle ne saurait décrire la désolation qui vous empare: la douleur vive qui manque de vous arracher le nez, accompagnée d’une larme torrentielle à l’œil. Ça ne rate jamais ! Combien de fois vous m’avez demandé : « Mais pourquoi on pleure quand on arrache un poil du nez ? » (c’est peu dire la gravité du sujet). N’ayez crainte manantes et manants, votre preux chevalier s’en est allé par vaux et par monts vous rapporter un semblant de réponse. Déjà, penchons nous un peu sur l’anatomie de l’appareil lacrymal, cet ensemble d’organes qui permet de produire des larmes.


(Source image –> X)

Sous l’effet de différents stimulus (irritations, émotions, lumière excessive…), les larmes sont produites par la glande lacrymale, située dans l’orbite oculaire, et débordent de l’œil si elles sont produites en trop grande quantité. Sinon, elles se déversent dans le sac lacrymal via le canal du point lacrymal puis dans la cavité nasale (les flèches noires représentent le trajet des larmes). Veuillez m’excusez si je simplifie trop mais je ne veux pas me lancer dans les détails.

Sachez simplement que les glandes lacrymales sont innervées par le nerf facial VII. Or, les poils du nez (ou vibrisses) et les fosses nasales sont innervés par le nerf trijumeau V. Lors de la présence de poussières ou de certaines molécules irritantes, un signal nerveux est envoyé au cerveau via le nerf trijumeau V. Le cerveau va ensuite commander l’éternuement ou bien envoyer un autre signal nerveux au nerf facial VII afin de provoquer une réaction des glandes lacrymales et donc une production des larmes.


(Source image –> X)

La solution apportée par le preux chevalier est donc la suivante : arracher un poil du nez provoque une stimulation du nerf trijumeau V qui se propage ensuite jusqu’au glandes lacrymales via le nerf facial VII. Votre larmoiement est en réalité un réflexe automatique et indépendant de votre volonté, qu’elle soit d’or, d’arain ou d’acier.

Maintenant, sauriez-vous répondre à cette question : « Quel est le nerf le plus long du corps humain ? ». Réponse en commentaire !

Vendredi 5 mars 2010

Je ne peux m’empêcher de partager un fait divers (lu dans Sciences et Avenir, mars 2010) sur des cygnes, oiseaux connus pour la fidélité de leur couple tout au long de leur vie. Or, les ornithologues des marais de Slimbridge ont constaté un cas rarissime de divorce entre deux cygnes de Bewick ! Après deux ans de vie commune, le mâle est revenu de sa migration dans les régions arctiques avec une nouvelle femelle tandis que son partenaire est rentré avec un nouveau mâle et depuis ils vivent à Slimbridge en s’ignorant superbement… En quarante ans d’observation, c’est le deuxième cas de séparation constaté à Slimbridge.

Ca m’a amusé et je me demande ce qui a bien pu se passer dans les régions arctiques ? Qui du salopard ou de la salope a brisé le couple à moins que le couple battait déjà de l’aile ?

Sources
- BBC News
- Sciences et Avenir

Jeudi 25 février 2010

Après le beauf et le frisbee, voici le beaup et les Shadoks. Il m’a envoyé une étude rigoureusement scientifique mené de main de maître par Gérard Berry, Déformaticien au Collège de Pataphysique. Cette étude tente de répondre à la question Ô combien délicate si les Shadoks sont décervelables ? Voici le premier paragraphe de l’introduction pour vous mettre l’eau à la bouche :

L’étrange peuple des Shadoks a vécu dans une époque très ancienne, bien avant que les humains ne peuplent la terre, et bien avant même que le Cosmos ne soit convenablement formé et n’ait stabilisé ses lois physiques. La structure du cerveau des Shadoks s’avère très différente de celle du cerveau de la plupart d’entre nous. Se pose donc au Collège de Pataphysique une question impérieuse : est il possible et / ou nécessaire de décerveler les Shadoks ? C’est à cette question que répond cet article, en s’appuyant sur une étude scientifique d’une implacable objectivité.

Je vous invite donc à parcourir ce document inestimable qui permet d’apprendre des tas de chose sur la structure du cerveau d’un Shadok et n’ayez pas peur du nombre de pages, il y a beaucoup d’illustrations en fait. Pour accéder au fichier pdf, il suffit de cliquer sur l’image ci-dessous.


(Sources images –> X + Y)

Mardi 23 février 2010

Mon beauf préféré (oui, je suis polygame) m’a envoyé cet article : Walter Frederick Morrison, inventeur du Frisbee, est mort. Le voilà qui me demande « comment ça vole un frisbee ? », croyant me poser une colle. Ah, ah, super facile et je te réponds les doigts dans l’nez. Le frisbee vole grâce à l’effet combiné de la portance et de l’effet gyroscopique qui contrebalancent la gravitation tout en assurant une stabilité tout le long de la trajectoire.

Bon, je vois qu’il y en a qui tournent de l’œil au fond de la salle et moi-même n’étant pas très sûr des termes que j’utilise, c’est reparti mon kiki pour un tour dans le Net. Verdict: ma réponse est bonne mais décortiquons la un peu en prenant l’avion comme exemple. Un avion, tout le monde sait, ça vole mais comment ? Un p’tit schéma pour commencer.


(Source image –> X)

Pendant le trajet, l’avion est soumis à quatre forces :

  • La traction (poussée) est la force qui fait avancer l’avion. Elle est créée par un moteur ou tout autre moyen de propulsion.
  • La traînée correspond à la résistance de l’air qui tend à faire ralentir le mouvement de l’avion.

=>La traction (vers l’avant) et la trainée (vers l’arrière) sont des forces qui s’opposent sur le plan horizontal de l’avion.

  • Le poids est la force de gravitation exercée par la Terre sur tous les objets (lire mon article à ce propos: Le confus balancement entre poids et masse).
  • La portance correspond à la force ascendante créée par le mouvement de l’air au-dessus des ailes

=> La portance (vers le haut) et le poids (vers le bas) sont des forces qui s’opposent sur le plan vertical de l’avion.

Intéressons nous de plus près à la portance. En regardant bien une aile d’avion, nous pouvons remarquer qu’elle est bombée sur le dessus. Le mouvement d’air se divise en deux et passe sur et sous l’aile pour arriver en même temps à l’autre extrémité. Or, la face supérieure de l’aile est plus longue que la face inférieure du fait de la forme bombée, ce qui veut dire que l’air qui circule au-dessus doit aller plus vite pour arriver en même temps que l’air qui circule au-dessous. L’augmentation de vitesse entraîne alors la création d’une dépression qui fait aspirer l’aile vers le haut: c’est la portance. Ainsi, l’avion vole grâce à une inspiration et non une poussée vers le haut. C’est exactement ce qui se passe pour l’aileron démesuré des formules 1 mais à l’envers: les voitures de courses sont plaquées au sol !


(Source image –> X)

Quel rapport entre l’aile d’un avion et le frisbee ? Ils volent grâce à la portance. Regardez la forme du frisbee : ce n’est pas un simple disque, il est légèrement bombé au-dessus. J’imagine qu’il a fallu aussi trouver la bonne forme pour diminuer la trainée tout en assurant une portance optimale.


(Source image –> X)

Seulement, en lançant « bêtement » le frisbee, il aura vite fait de tomber comme une pierre. C’est là qu’un autre facteur intervient : l’effet gyroscopique (ou inertie gyroscopique). C’est la seule différence qui joue entre l’aile d’avion et le frisbee. En gros, c’est le fait qu’un objet garde sa trajectoire et sa vitesse grâce à sa rotation. Il résiste aux changements de directions et aux accélérations ou aux freinages. Petite démonstration en vidéo.

La roue de vélo en rotation élevée arrive a garder une position verticale stable. L’effet gyroscopique explique ainsi la stabilité du frisbee (et aussi celle obtenue en vélo ou en moto) pendant sa trajectoire. Il est donc important d’imprimer une rotation au frisbee lors du lancer par un délicat mouvement du poignée. Et encore, ne pas lancer trop tôt (destination l’herbe) ou trop tard (oh la belle courbe !) mais pile au bon moment pour tracer bien droit vers son partenaire.

C’est fini ? Que nenni ! Il reste un dernier détail : les stries à la surface du frisbee alors que la face inférieure concave est lisse. Elles ne sont pas là pour faire joli mais pour optimiser le portance et donc la stabilité du frisbee lors de son déplacement dans l’air. En effet, les stries introduisent à la surface une turbulence microscopique dans la couche d’air qui passe juste au dessus. Conséquence : le disque semble attaché au courant d’air et l’utilise comme support pour progresser le plus loin possible. Et oui, le frisbee est un véritable condensé de technologie et en jouant avec, vous conciliez la physique au physique.

Donc je répète : le frisbee vole grâce à l’effet combiné de la portance et de l’effet gyroscopique qui contrebalancent la gravitation tout en assurant une stabilité tout le long de la trajectoire. Ca fait classe de pouvoir dire ça non ?

[EDIT]
Après vérification, si le frisbee vole bien grâce à l’effet combiné de la portance et de la rotation, mes explications sur l’origine de la portance sont fausses. La portance est davantage dû à l’angle d’attaque par rapport au vent relatif (vent créé par le déplacement du frisbee) que moins à sa forme bombée. Pour les détails, voir dans les commentaires.

En savoir plus…
- Tout sur l’aérodynamisme
- Notes sur l’effet gyroscopique, et d’autres faux paradoxes

Vendredi 19 février 2010

Les assidus auront remarqué que le blog était un peu vide cette semaine. Les autres n’auront rien vu puisque je viens de rattraper mon retard. La raison de cet « abandon » passager ? Le fait d’avoir suivi une formation d’une semaine dans l’association Petits débrouillards, commencée samedi dernier pour se terminer hier soir. Le but ? Devenir animateur scientifique ou du moins acquérir les bases pour intervenir plus tard auprès des enfants dans divers lieux et occasions : écoles, centre de loisirs, festivals, fête de la science, etc.

J’y suis allé parce que je n’ai toujours pas trouvé du travail et je commençais à tourner un peu en rond et c’était également l’occasion de voir une autre manière d’aborder la science et de la faire découvrir aux autres, surtout les enfants. Ce qui m’a plu dans la philosophie de l’association, c’était l’acquisition des connaissances par l’expérimentation et le questionnement. Autrement dit, les réponses ne sont pas apportées sur un plateau mais construites progressivement avec l’enfant dans le respect de la démarche expérimentale. Plus facile à dire qu’à faire…

Je ne regrette pas de l’avoir suivi car j’ai appris plein de choses qui m’ont donné envie d’aller plus loin et d’intervenir de temps en temps auprès des écoles. Le blog c’est bien mais ce n’est pas le même public, ni le même contact. Cela m’a permis de rencontrer plein de monde avec qui je me suis bien entendu, voir des nouvelles têtes est toujours enrichissant et c’est une bouffée d’air pour moi. Les formatrices ont réussi à mettre de l’ambiance et nous voilà redevenus enfants à expérimenter, loin des certitudes parfois fausses des adultes.

Affaire à suivre…

En savoir plus…
- Petits débrouillards national
- Petits débrouillards PACA
- Wiki débrouillard

Mercredi 17 février 2010

Aujourd’hui, je n’ai pas beaucoup de temps alors je vais pas me défouler. Plutôt que blablater sur la science, je vous balance dans la tronche des réalisations superbes et surprenantes à partir des ferrofluides. Quézaco ? Ok, ok, un peu de blabla scientifique rien que pour donner un aperçu :

Les ferrofluides sont des suspensions colloïdales de nanoparticules ferromagnétiques, ferrimagnétiques ou superparamagnétiques d’une taille de l’ordre de 10 nanomètres dans un liquide, en général un solvant ou de l’eau. Ces liquides réagissent à un champ magnétique extérieur et se hérissent de pointes dont la topologie varie selon les paramètres du champ. L’aspect rigide des pointes est en fait une illusion puisqu’elles se déforment si on les touche : la force exercée par le doigt l’emporte sur la cohésion du fluide. (*)

Place aux vidéos ! Ahurissant non ? J’en ai la larme à l’œil quand je vois comment la science et l’art s’allient pour nous toucher au cerveau et au coeur.

(*) Z’avez compris ? Non ? Alors, soit vous vous démerdez, soit j’y reviendrais plus tard, un jour p’têt.

En savoir plus…
- Qu’est ce qu’un ferrofluide ?
- L’art magnétique de Sachiko Kodama

Lundi 15 février 2010

Fatigué ce soir, en panne d’idées, je débarque dans le salon et je demande à ma douce : « sans réfléchir, qu’est ce que tu voudrais de scientifique en image ou en vidéo ? ». Et la voilà qui me regarde avec des yeux ronds, une bouche béante et le cerveau en panne. « Euuuuh, une goutte d’eau qui tombe ? ». Aussitôt dit, aussitôt fait et voici une vidéo montrant une goutte d’eau qui tombe au ralenti.

C’est beau, ça sert à rien, ça me suffit pour ce soir. Quoi, c’est pas assez ? Alors, faîtes un petit tour vers les liens suivants : De la goutte d’eau à la pluie et La physique d’une goutte d’eau (fichier pdf).