Lundi 30 juin 2008

Rien de tel qu’un bon livre pour terminer le mois. J’ai découvert Alessandro Barrico grâce à ma douce (?) mère qui m’avait prêté « Novecento, pianiste ». Il y a quelques années déjà. Un livre court qui m’avait captivé tout de suite, tant par l’histoire que par l’écriture. Depuis, je ne fus pas déçu en lisant ses autres livres: « Soie », « Sans sang » et « Les châteaux de la colère ».

Le dernier, Cette histoire là, une fois de plus ne m’a pas déçu. C’est un véritable plaisir de replonger dans son écriture si particulier. Je ne sais pas ce qu’est la musique, au mieux je perçois le rythme et quelques sons. Grâce à lui, je peux enfin mettre le doigt à ce qui s’approche de la musique et même plus: une certaine essence de… ? La poésie ? L’âme humaine ? Autre ?

Et voilà que sans le faire exprès, je fais un absurde jeu de mots puisque l’histoire débute par une course automobile devant un garçon: Ultimo Parri. Ultimo parce qu’il est le premier et le dernier enfant désiré par sa mère. Cette course sera l’étincelle de toute une vie: l’ambition de créer une route qui résume sa vie dans les courbes et la ligne droite. Je n’en dis pas plus.

En allant sur le Net, je fus surpris des critiques, parfois virulentes, envers Alessandro Barrico. Snob, prétentieux, décevant, décousu sont les termes qui reviennent souvent. Peut être mais à mes yeux, il est l’un des écrivains qui m’ont marqués de leur empreinte indélébile. Italien de surcroît, à ne pas négliger…

A lire absolument !

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Dimanche 29 juin 2008

Alléluia, ce beau dimanche de juin vit la réalisation d’un de mes vieux rêves: assister à une représentation du mythique « Cyrano de Bergerac », pièce de théâtre écrite par Edmond Rostand. C’est chose faite cet après midi à la Comédie Française !

Sachant que la mise en scène était assurée par Denis Podalydès, mes espoirs étaient grands. je ne fus pas déçu, et même heureux, mais alors heureux de voir la magistrale maîtrise du personnage par Michel Vuillermoz et les superbes décors réalisés par Eric Ruf, qui tient également le rôle de Christian, amoureux de Roxane et rival de Cyrano sans le savoir. M’ont fortement marquées les plaques de cuivres, majestueuses, avec la volaille et la porcelaine, servant d’arrière plan à la demeure du sieur Ragueneau, gourmand rimailleur tout en douceurs et en rondeurs. M’ont amusé les anachronismes volontaires: la référence à la bataille de Verdun de la première guerre mondiale, avec les bruits des avions, par exemple. Non vraiment, ces 3h se sont envolées avec la légéreté d’une plume et la gravité de la vie.

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Ici, Cyrano est un personnage laid et triste, lucide et extravagant, poète et rêveur, partagé entre le réel et la fiction. Bien loin de l’illustration ci-dessus qui montre un personnage étrangement beau par sa difformité, campant une assurance à toute épreuve. Un bravache doublé d’un beau parleur en somme. Grâce à la prestation de Michel Vuillermoz, les paroles, tantôt explosion, tantôt amère douceur, brossent une critique implacable de la société minée par les tous les faux semblants, l’hypocrisie et le mensonge. Une critique encore en vigueur, n’en déplaise à tous les croquants et les croquantes, les gens bien attentionnés.

Il n’est pas étonnant ensuite d’apprendre que cette création de Podalydès a été récompensée par six Molières: Molière du metteur en scène, Molière du décorateur-scénographe (Eric Ruf), Molière du créateur de costumes (Christian Lacroix), Molière du créateur de lumières (Stéphanie Daniel), Molière du théâtre public et Molière du comédien dans un second rôle (Eric Ruf). Quid de la prestation de Michel Vuillermoz ?

Bien qu’ayant découvert Cyrano à 14 ans, je n’ai jamais pu le voir, ni en dvd (avec Gérard Depardieu, notamment), ni au théâtre. La faute au manque de sous-titrages à destination des sourds ! C’est pourquoi je sautais sur l’occasion en apprenant que la Comédie Française, via Acces Culture, sous-titrait Cyrano de Bergerac. J’avais même organisé une sortie avec une dizaine d’amis, tous sourds. Las ! Un fâcheux « problème technique » nous empêchait de suivre la pièce, me mettant en pétard et furax devant tout le monde… C’était en juin 2007. Un an plus tard, réparation est faite ! Pour finir, marquez sur votre agenda la date suivante: le samedi 26 juillet 2008 qui marque la millième représentation historique de Cyrano de Bergerac.

Plus de détails…
- Le vrai cyrano
- Cyrano de bergerac – toute l’actualité

Samedi 28 juin 2008

Jusqu’au 7 septembre 2008, le musée d’Orsay présente deux expositions complémentaires sur le début de la photographie: le calotype dans « L’image révelée » et le daguerréotype dans « Le daguerréotype français au musée d’orsay ».

Ces deux procédés furent mis au point presque en même temps de part et d’autre de la Manche. Le calotype, littéralement « la belle image », doit son invention à William Henry Fox Talbot tandis que le daguerréotype doit son existence à Louis Daguerre. Le premier correspond à la photographie sur papier contre des procédés photographiques sur plaque de cuivre argentée pour le second.

Il en résulte une différence au niveau des images: le calotype présente une sorte de flou caractéristique, vite nommé le flou artistique. Il s’oppose à la netteté et à la froideur du daguerréotype. Les britanniques préfèrent largement utiliser le calotype car il est plus conforme à leur culture victorienne qui est orientée vers la nature, les ruines et la contemplation du passé. Les français auraient plutôt tendance à développer une vision documentaire. Précisons également que les débuts de la (ne devrait-on pas dire « les » à cette époque ?) photographie furent possibles grâce aux nobles et à la bourgeoisie, classes sociales ayant suffisamment de temps et d’argent pour se consacrer à une activité de passion ou de distraction. Rarement professionnelle.

Un calotype: Arbres avec enchevêtrement de racines (Hugh Owen)
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Un daguerréotype: Louis Dodier en prisonnier (Louis Adolphe Humbert de Molard)
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Cela vaut vraiment le coup de faire un tour et de découvrir des procédés qui fournissent des très belles images tout à fait capables de rivaliser face à celles obtenues numériquement. Une sacrée prouesse en considérant l’époque: à partir de 1840 ! J’ai même une préférence pour le calotype qui fournit, à mon goût, des images plus douces et plus orientées vers la nature. Sans parler de leur taille plus grande et donc plus faciles à visualiser. Mon seul regret est le manque de réelle synergie entre les deux expositions. Pas assez de renvois entre elles et c’est fort dommage !

Plus de détails…
- L’image révelée _ site officiel
- Le daguerréotype français _ site officiel
- L’image révelée _ maglm
- Le daguerréotype français _ maglm

Vendredi 27 juin 2008

Oh làlà, six mois déjà, que cela passe vite six mois de stage à IVT. Me voici déjà au niveau 6 et il ne m’en reste plus que quatre à passer. Cette fois ci, il s’agissait d’une étape cruciale car toutes les notions acquises auparavant sont reprises et approfondies. Durant la semaine, le professeur vérifie que les connaissances ont bien été assimilées, digérées et comprises. Une sorte d’évaluation faite par les échanges et les débats sur divers sujets portant aussi bien sur la société que sur la communauté sourde.

Au début de la semaine, chaque élève faisait un récapitulatif des cinq premiers niveaux: se rappeler ce qui avait été fait et dans quel but. C’était l’occasion de poser des questions si l’on n’était pas sûr d’avoir tout compris. D’en faire un bilan, positif ou négatif. Ensuite, nous avons surtout travaillé sur la notion de culture sourde. Qu’est ce qu’une culture ? Existe-t-il une culture sourde ? Si oui, quelles sont ses particularités ? Se résume-t-elle aux sourds maîtrisant la LSF ou englobe-t-elle également les autres modes de communication: le français oral, le LPC… ?

Un sujet passionnant qui m’a donné envie d’en savoir plus. Moi qui ai longtemps affirmé qu’il n’existait pas de culture sourde mais une culture propre aux détenteurs de la LSF. Avais-je raison ou tort ? Je ne sais pas encore car je reste insatisfait des premiers éléments de réponse. Il me manque encore l’étincelle qui apportera des certitudes dans ma part d’ombres…

La linguistique fut également abordée en profondeur: dans quelles catégories se rangent les différents signes ? Il y a déjà le COEME, les cinq paramètres de la LSF, au niveau des mains: configuration (forme), orientation, emplacement, mouvement et expression du visage. Cependant, moultes subtilités de la langue ne pouvaient être entièrement décrites via le COEME. D’où la nécessité d’autres classifications plus fines. C’est la naissance de l’iconicisation première. C’est un peu compliqué pour tout dire en détail et je ne m’y risquerais pas ici, sous peine de dire des bêtises. Je préfère vous orienter vers le texte de Christian Cuxac: « Les langues des signes : analyseurs de la faculté de langage ».

C’est toujours aussi intéressant et j’ai hâte d’en savoir plus sur l’iconicisation, la culture sourde et autant de sujet théoriques et complexes. Serais-je d’accord avec eux ou non n’est pas important. Ce qui prime est la matière dont je pourrais en tirer quelque chose à partir de la confrontation d’idées et de philosophies différentes.

En savoir plus sur la formation IELSF
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Jeudi 26 juin 2008

La naissance est tout sauf un acte tranquille: elle est sujette à des imprévus et des surprises. Toutes les conditions sont réunies pour en faire un spectacle vivant: le drame, la comédie, le suspense et le fameux dénouement suscitant diverses émotions. Connaissez vous la dernière ? Une mère donne naissance à deux faux jumeaux. Sauf que l’un des deux enfants présente une anomalie sexuelle: la présence simultanée de testicules et d’ovaires (l’autre est un garçon). Pour en savoir plus, leur patrimoine génétique fut analysé et Ô stupeur ! Ô tremblement !

Le patrimoine génétique des jumeaux est identique du côté maternel et il diffère du côté paternel. Autrement dit, ce sont de vrais jumeaux du côté de la mère (gènes maternels) et de faux jumeaux du côté du père (gènes paternels). Ces jumeaux auraient donc la même mère mais deux pères différents ! Vous êtes embrouillés ? Alors faisons un petit tour de ce qui distingue les vrais des faux jumeaux.

  • Les « faux jumeaux » ou « jumeaux dizygotes » sont issus de la fécondation séparée de deux ovules par deux spermatozoïdes. Un spermatozoïde pour un ovule. Ce qui donne deux cellules oeufs (zygotes) évoluant en deux embryons. Puis naitront deux bébés au patrimoine génétique différent: ils seront soit de même sexe (deux frères ou soeurs), soit de sexe différent (un frère et une soeur). Avec chaque fois, la possibilité de se ressembler énormément ou pas du tout.

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  • Les « vrais jumeaux » ou « jumeaux monozygotes » sont issus de la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde, donnant une cellule oeuf (zygote). Le zygote se divise ensuite en deux cellules identiques aboutissant à deux embryons. Le résultat sera la naissance de clones: deux bébés de même sexe et ayant le même patrimoine génétique: une moitié maternelle et l’autre moitié paternelle (à ne pas confondre avec leur caractère qui peut différer).

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Comprenez-vous à présent pourquoi les scientifiques sont troublés par ces jumeaux hors du commun ? Ils n’appartiennent pas à la catégorie des « vrais » et « faux » jumeaux. Pire, ils seraient à la fois « vrais » et « faux » jumeaux d’où leur appellation de « jumeaux semi-identiques ». Le fait qu’ils n’aient pas le même patrimoine génétique du côté du père suggère qu’il y a eu double fertilisation d’un même ovule par deux spermatozoïdes issus de deux bites distinctes. Comment ? Deux hypothèses:

  • L’ovule se serait divisé en deux parties non séparées et chacune aurait été fertilisée par un spermatozoïde différent.
  • Deux spermatozoïdes auraient fertilisé un seul et unique ovule, créant ainsi un embryon ayant tous les chromosomes en trois exemplaires. Le zygote se divise ensuite en deux cellules filles qui deviendront deux embryons, chacun n’ayant plus que le matériel génétique de l’un des spermatozoïdes.

Cette découverte, publiée et signée par Mikhail Golubovsky (Duke University, Durham, Caroline du Nord), Vivienne Souter (Banner Good Samaritan Medical Center, Phoenix, Azizona) et David Bonthrom (Université de Leeds, Royaume-Uni) dans la revue spécialisée Journal of Human Genetics avant d’être relayée le lundi 26 mars sur le site de la revue Nature, remet en cause un dogme de la science: l’impossibilité de la polyspermie dans l’espèce humaine. C’est à dire la fécondation d’un ovule par plusieurs spermatozoïdes. Jusqu’à la naissance des jumeaux semi-identiques, il était acquis que l’entrée d’un spermatozoïde dans un ovule entraînait une suite de modifications moléculaires visant à former une barrière étanche autour de la cellule-oeuf. Un obstacle absolu interdisant l’entrée d’autres spermatozoïdes et confèrant, par la suite, une protection à l’embryon qui se développera durant quelques jours au sein de cet espace.

Si, parmi les jumeaux, 25% sont « monozygotes » et 75% « dizygotes », quel est alors le pourcentage des jumeaux « semi-identiques » ? L’avenir nous dira s’il s’agit d’un fait réellement exceptionnel ou plus courant que l’on imaginait.

En savoir plus…
- 1er cas de jumeaux « semi-identiques »
- Les faux-vrais jumeaux
- Vrai ou faux jumeaux ?
- Les différentes grossesses gemellaires (= source images)

Mercredi 25 juin 2008

Cette semaine, tous les matins et tous les soirs, je prends le métro en bon travailleur. Sauf que je vais à un stage de LSF dont je vous ferais le topo ce week end sans doute. Durant le trajet, mon esprit vagabonde dans les méandres de la demi-rêverie et mon regard erre à travers les brumes tenaces du sommeil. Me vint alors la bienheureuse idée d’un concept très important dans ma p’tite vie. Quoi donc ?

Le coude ! Usagers quotidiens du métro, n’avez vous pas remarqué la présence des banquettes de six sièges disposées de façon que trois places se font face ? Mais si, ces banquettes situées aux extrémités des rames des lignes 7, 8 et 13 (à ma souvenance). Je les aime bien ces lignes en grande partie pour ces places car certaines permettent de poser le coude sur un support. C’est là que, mine de rien, le coude prend tout son sens et sa grande valeur. Le coude, une fois posé, peut alors soutenir la tête, tenir plus facilement un journal… N’avez vous pas observé ces étranges gens toujours fatigués, somnolents dont la tête se balance au gré des cahots ?

Eh bien ! Je fais partie de ces voyageurs hardis, le menton ou la joue confortablement calé au creux de la main. Le coude ne se réduit plus à la seul action de la pliure et acquiert une autre fonction tout aussi honorable. Pensez aux grands esprits qui n’auraient pu puiser leurs belles idées sans leur coude, qui sait ? Une chose est certaine: grâce à mon coude, ce billet a pu voir le jour.

Je cherchais une illustration pas trop moche du métro pour le plaisir de l’oeil. Je tombe sur cette magnifique oeuvre réalisée par Antoine et Manuel pour la RATP en 2005. Vive mon coude qui m’a fait découvrir, et la belle image, et l’entretien avec Antoine et Manuel !

(Source image –> Site Antoine et Manuel)

Mardi 24 juin 2008

(Source vidéo –> Dailymotion)

Merci à l’ami qui m’a fait connaître cet épisode ! Je connaissais « La linea » grâce à Arte qui le diffusait avec les autres dessins animés (si mes souvenirs d’enfance sont bons). Par contre, je ne savais pas que le petit bonhomme au trait minimaliste existait depuis les années 70 et qu’il avait une origine italienne ! Pour le reste, vous avez wikipedia – La linea. Pour finir, une petite présentation rapide par Animez Vous:

La linéa est un petit film d’animation italien créé par Osvaldo Cavandoli, dont le « héros » est un bonhomme raleur dessiné à la craie. On pouvait voir la main du dessinateur créer des objets au personnage, lui faire évoluer son environnement ou tout simplement l’effacer avant qu’il ne rouspète trop. On ne comprenait pas franchement ce qu’il disait, car il râlait dans un espèce de dialecte où se mêlaient de l’italien et de l’anglais, tout ce qu’on savait c’est qu’il n’était jamais content. Les épisodes se finissaient toujours de la même manière, à savoir que le personnage tombait dans le vide à la fin de la ligne sur laquelle il évoluait.