S’il te plaît, dessine moi un clitoris…

Mosaïques : HumanusScience

samedi 11 février 2017

N’importe qui est capable de dessiner, même très mal, un pénis avec ses testicules et, éventuellement, des poils pour les plus hardis. En voici un exemple de chef d’œuvre que nous retrouvons régulièrement sur les murs des toilettes publiques ou sur les voitures. Beautiful, isn’t ?!

Dessin basique d’un pénis et ses testicules

[Source image : lien cassé]

Par contre, qui serait capable de dessiner, même très mal un clitoris ? Là, je suis sûr que c’est le silence radio et si tu ne me crois pas, fais le test auprès de tes connaissances, qu’elles fussent féminines ou masculines. Avec un peu de chance, nous pourrions obtenir un dessin pas trop mal foutu avec les lèvres entourant le vagin et le tout placé entre le triangle pubien et l’anus. Le clitoris serait alors représenté par un point en haut des lèvres, à leur jonction.

Dessin un peu plus élaboré d’un clitoris

[Source image : lien cassé]

Les férus d’anatomie ou les plus curieux tout simplement pourraient creuser davantage le sujet et visualiser un schéma anatomique plus précis des organes de la vulve avec, de haut en bas : le mont de vénus, le prépuce du clitoris, le clitoris lui même, les grandes lèvres, les petites lèvres, le vestibule, l’urètre, l’hymen et enfin le vagin. Mes chéri.e.s, l’aviez-vous constaté par vous-même de plus près en tâtonnant ou faisiez-vous votre petite affaire sans trop s’attarder dessus ? M’enfin, je déborde du sujet et passons, passons !

Schéma des organes de la vulve

[Source image]

Sais-tu qu’il est impossible de trouver ce genre de schéma dans les manuels de science de la vie et de la terre au collège et au lycée ? Et pourtant, le clitoris a été décrit dans des traités de l’Antiquité grecque puis par des anatomistes européens au 16ème siècle, avant d’être schématisé par l’Allemand Georg Ludwig Kobelt en 1844. Ses travaux ont été repris en 1998 par l’urologue australienne Helen O’Connell à qui fut attribué sa première description anatomique exacte.

Il en ressort que le clitoris est constitué d’une partie externe (5 à 10 millimètres) et d’une partie interne (9 à 15 cm). La partie externe regroupe le gland du clitoris et le capuchon (ou prépuce). Il est visible à la jonction supérieure des petites lèvres. La partie interne, quand à elle, rassemble :

  • les corps caverneux (ou piliers du clitoris). Ils forment une arche entourant l’urètre et le vagin. A leur extrémité supérieure, ils se rejoignent pour former un coude (ou genou) qui se termine par le gland.
  • les bulbes clitoridiens situés juste au-dessous des piliers et formant également une arche autour de l’urètre et du vagin. Ces bulbles sont composés de corps spongieux qui se gorgent de sang durant l’excitation sexuelle, comme ceux du pénis, à la différence près qu’ils se raffermissent sans changer de taille.

Schéma du clitoris

[Source image]

Même avec un bon schéma, il n’est pas toujours facile de visualiser cet organe interne, contrairement au pénis qui fait tout pour tirer la couverture. C’est pourquoi Odile Fillod, chercheuse indépendante en sociologie et vulgarisation scientifique, a conçu un modèle de clitoris en 3D à taille réelle le plus réaliste possible. L’objet imprimé résulte d’un compromis entre des sources parfois contradictoires, d’autant plus que chaque femme a ses petites variantes anatomiques (taille et formes des lèvres qui peuvent varier, profondeur du vagin et de l’utérus, couleur et densité de la pilosité, épaisseurs des membranes, partie externe du clitoris, taille du capuchon, etc).

Ce clitoris en 3D montre bien les parties externe et interne et, cerise sur le gâteau, il peut être manipulé sous toutes ses coutures. Impressionnant de voir que ce n’est guère plus grand que la paume de la main, non ?!

Clitoris en 3D sur la paume de la main

[Source image]

Espérons que cet objet pédagogique sera répandu dans les collèges et les lycées, ainsi que dans tous les lieux d’information sur la sexualité sous toutes ses formes afin de compenser la très faible visibilité du clitoris face au tout-puissant pénis. Et par là même découvrir ses fonctions qui sont :

  • Avoir du plaisir. Le clitoris est beaucoup plus sensible que le pénis. Il compte 8.000 terminaisons nerveuses, contre 4000 pour le pénis et 3000 pour le coussinet de l’index !
  • Renforcer les liens d’attachement grâce à la sécrétion d’ocytocine, dont le taux va de paire avec l’intensité du plaisir. Il semble ainsi logique que l’orgasme atteint par la stimulation clitoridienne favorise le lien d’attachement.
  • Faciliter la reproduction. Les contractions vaginales et utérines, provoquées par l’orgasme clitoridien facilitent la progression des spermatozoïdes du vagin vers l’utérus. De même que les sécrétions vaginales et utérines offriraient un milieu favorable aux déplacements des spermatozoïdes.
  • Jouer un rôle dans l’accouchement. Lors du passage du bébé dans le vagin le clitoris est comprimé et stimulé. Il peut également être sollicité par masturbation pour se procurer de la détente et soulager la douleur.

Le jour où je verrais des dessins plus variés aux toilettes publiques, je sais alors que l’humanité aura franchi un pas encore plus grand que celui fait sur la Lune ! Mais peut-être qu’au fond, c’est la Lune que je demande justement ?

En savoir plus…
Parlons clitoris

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