Jeudi 30 octobre 2008
Petit tour à la Fnac et que vois-je ? Le deuxième livre de Mark Haddon. L’auteur du « Bizarre incident du chien pendant la nuit », que j’avais acheté par hasard et beaucoup apprécié. Le thème est proche de « Toutes les familles sont psychotiques »: une famille légèrement déjanté qui va vite déraper à l’annonce d’un mariage. Contrairement au premier, les personnages sont plus complexes et moins caricaturaux. Vous avez le choix entre la mère volage, le père hypocondriaque, le fils d’homosexualité non assumé, la fille au caractère de cochon et son armoire de glace servant de gendre.
Ca promettait et la promesse fut à la hauteur. Bien que « Une situation légèrement délicate » est moins bien face au premier livre de Mark Haddon, j’ai passé un bon moment grâce à une écriture fluide. J’ai même pouffé de rire par moments et ça m’arrive rarement dans la littérature « comique » ! Ca reste une histoire gentillette mais à conseiller.

(Scan couverture)
Mardi 28 octobre 2008
Le magasin des suicides de Jean Teulé m’avait donné envie de croquer ses autres ouvrages. Un passage rapide à la bibliothèque et je jette mon dévolu sur « Ô Verlaine ! ». Passionné par sa poésie, j’avoue que je connaissais bien mal sa vie. Tourmentée, oui mais encore ? Une relation avec Rimbaud dans sa prime jeunesse, le fait est célèbre, oui mais quoi d’autre ? Jean Teulé a fait le choix de nous dévoiler les derniers mois de sa vie. Plutôt qu’il réinvente cette période par le regard de Henri-Albert Corbuty, un adolescent de Béziers venu en sabots à Paris dans le seul but de rencontrer son idôle.
Du premier regard de l’adolescent jusqu’à sa mort, c’est un pauvre Lelian (anagramme de son nom) qui survit malgré ses terribles maladies et ses blessures mentales. Il est toujours étonnant de voir le contraste entre la sensibilité de sa poésie et la violence qu’il peut déchaîner, sur lui et son entourage. D’ailleurs, une phrase revient souvent parmi les critiques: « Paul Verlaine oscilla jusqu’au tombeau entre l’ignoble et le sublime ». Après lecture, une question me tarabuste: cette oscillation puise son origine en lui même ou de son époque ? A moins qu’il ne s’agit d’une interaction ? Au delà de la description d’un personnage célèbre, nous avons un aperçu sur un Paris dominé par la crasse et la décadence, touchant successivement la vice populaire et la haute société.
Un livre convaincant qui m’aura montré d’autres facettes de Verlaine. J’ai bien envie de lire les biographies de Teulé sur Rimbaud et Villon. A suivre…

(Source image –> X)
Dimanche 26 octobre 2008
Et oui, que voulez vous ? De nouveau, j’arpentais les rues de Paris lors de ma remontée dans la capitale. Enfermé dans ma folie, obtus jusqu’au bout, que voulez vous ? Le temps était clément, inondant les pavés de soleil, que voulez vous ? Oeil artificiel, oeil naturel allant de concert dans la traque de l’art urbain. Ces petits riens qui parsèment les murs selon un doux chant murmurmé aux rêveurs.
Baigné de soleil et heureux marcheur, j’avalais dans un baillement d’étonnement les méandres du 1er et du 2e arrondissement. L’un assez agréable selon les endroits et l’autre assez semblable au 9e donc propice à l’ennui. Je parle, j’écris mais voici les photos ! Souris, va grignoter par ici:
–> 1er arrondissement
–> 2e arrondissement
Samedi 25 octobre 2008
Pfffiou, cette avant-dernière semaine de mon stage de LSF à IVT aura été assez chargée théoriquement. Je rappelle que la formation suivie est un premier pas sur le chemin menant au métier d’enseignement de la LSF. Même si ce n’est pas mon but, il est intéressant de savoir comment enseigner, notamment comment éviter de mettre les élèves en échec.
Antoine de La Garanderie a connu l’échec durant sa scolarisation mais il s’accrochait et il réussit à obtenir un diplôme de je ne sais plus quoi. A partir de son vécu et de l’analyse de la cause de l’échec d’innombrables élèves dans toute la france, il conçut et promulga une théorie: « La gestion mentale ». Elle vise à éviter de mettre l’élève en échec par une meilleure pédagogie de l’enseignant. Si ce dernier n’est pas suffisamment à l’écoute ou néglige la situation familiale de l’élève, le risque d’échec est grand.
Le professeur du niveau 9 de IELSF (initiation d’enseignement de la langue des signes française) fut convaincu par la gestion mentale grâce à son expérience de 20 ans en tant que formateur (phrase qu’il répète souvent au passage). Ainsi, toute la semaine, il nous expliquait en quoi consiste la théorie de Antoine de La Garanderie. Comme il serait trop long de détailler, je ne donnerais que le plan pour vous donner une vague idée:
La gestion mentale
I- Les niveaux de la conscience
a) Perception et évocation
b) Evocation et apprentissage
c) Différentes attitudes évocatives
d) Habitudes mentales évocatives
e) Projet = moteur de l’activité mentaleII- L’itinéraire mentale
a) Les familles mentales
b) Les constantes mentales
c) Les paramètres mentauxIII- Le profit d’apprentissage
IV- Les gestes mentaux
a) Geste d’attention
b) Geste de mémoire
c) Geste de compréhension
d) Geste d’imagination
e) Geste de réflexion
Certaines parties du cours de la semaine me font fortement penser aux neurosciences puisqu’ils ont en commun de chercher à comprendre le fonctionnement du cerveau. A des niveaux d’étude différents, il est vrai. Sacrément intéressant bien qu’un peu indigeste à la fin… Pour en savoir un peu plus, vous pouvez lire les « Données de base de la Gestion Mentale ».
En savoir plus sur la formation IELSF
- niveau (1)
- niveau (2)
- niveau (3)
- niveau (4)
- niveau (5)
- niveau (6)
- niveau (7)
- niveau (8)
- niveau (10)
- Epilogue
Jeudi 23 octobre 2008
Petit livre sans prétention, à la couverture jaune mais au titre curieux: « Le magasin des suicides » de Jean Teulé. Prenons-le et lisons un peu de quoi il conte. Oh ma foi, le beau sujet que voilà ! Un magasin inhabituel où, depuis dix générations, une famille vend tous les ingrédients possibles pour se suicider à coup sûr, proprement. Où la vendeuse ne vous salue pas: « bonjour » mais vous accable: « mauvais jour ». Ne vous dit pas « au revoir » mais « adieu ».
La tristesse et le mal de vivre sont présents dans la famille Tuvache, c’est la norme depuis dix générations. Jusqu’au jour où les parents ont la malencontreuse idée de tester un préservatif poreux, produit du fournisseur M’en fous la mort. Résultat, un troisième enfant. Mais un enfant gai et rieur, un mioche avec le bonheur marqué sur le front. Quel malheur pour la famille Tuvache ! Et depuis, rien ne va…
Chut, j’en ai déjà trop dit mais quel plaisir de lire un condensé d’humour noir qui prend à contre-pied le lecteur. De plus, j’eus la surprise de repérer une phrase tirée d’un poème de Charles Baudelaire. Puis, deux, trois et plus ! Ces vers provenant des « Fleurs du mal ». C’est devenu une jouissance que de traquer et reconnaître ces vers avant que la passion me pousse à relire la poésie de Baudelaire. Sans compter les clins d’oeil à d’autres chansons ou personnages…
Un livre divertissant bien que la fin soit un peu « classique » et surtout ambigue.

(scan couverture)
Mardi 21 octobre 2008
Allez, un petit livre pour passer le temps mais lequel ? Dubitatif, je passais en revue ma petite bibliothèque personnelle contenant également les ouvrages de ma douce littéraire. Un bouquin, de couverture jaune flash, m’accrocha l’œil et je sortis « Toutes les familles sont psychotiques » de Douglas Coupland de son coin. Des spermatozoïdes sur la couverture, un résumé succinct
« Les Drummond, une sympathique tribu de cinglés, déboulent en floride et vont dévaster son décor de carte postale. Entre soap déjanté et comic visionnaire, voici une réflexion hilarante et incisive sur les liens familiaux dans une société malade de son progrès ».
Diable, j’allais passer un bon moment ! Après lecture, j’en fus plutôt déçu. Bien que le livre se lit facilement et que l’histoire soit loufoque à souhait, je n’ai pas réussi à plonger dans l’histoire. Me contentant de survoler et de m’ennuyer un brin jusqu’à la fin. Pourtant les ingrédients sont là: sida, adultère, crises familiales et j’en passe. Mais le soufflé ne monte pas. Dommage ! Peut être parce que les personnages sont trop stéréotypés ou que l’histoire est trop cousu de fil blanc ? A moins que ce ne soit moi ?
Rangeons le dans son coin et laissons le tranquille pour un bout de temps…

(Scan couverture)
Dimanche 19 octobre 2008
A l’ECJM (école de journalisme et de communication de marseille), en plus des cours magistraux habituels, je participe à plusieurs projets dont celui de Patricia Guillaume de l’association Artotem, intitulé « Art & Web ». Loin de la règle d’or des « trois clics » pour l’accès rapide aux informations souhaitées, le projet « Art & Web » s’intéresse aux sites internet qui mettent en jeu la créativité et l’imagination, l’humour et la poésie et surtout ayant en point commun l’imagination !
Chaque étudiant devait partir à la pêche au trésor et sélectionner dix sites répondant aux critères ci-dessus autour de deux thèmes: « écritures et témoignages » – « santé et prévention ». Les sites sélectionnés font ensuite l’objet d’un événement public le 25 novembre: projection sur grand écran et cocktail-débat (voir le programme ci-dessous).
Au début, je fus dubitatif car je ne saisissais pas très bien le but du projet. Au fur et à mesure de la recherche, je découvris de nombreux sites dont je ne soupçonnais pas l’existence. Curieuse ambiance que ces soirées passées à travailler et à m’émerveiller ! Avec l’aimable autorisation de Patricia Guillaume, je vous présente ma sélection des sites. A mon tour de vous prendre par la souris et de vous guider de surprise en surprise dans un pays inconnu où la création est reine ! Rien de plus simple: cliquez sur l’image…
* Santé et prévention
* La machine à caca !
Le but du jeu est fort simple: choisir trois aliments, actionner la machine (soit la version « bon état », soit la version « déglinguée ») et observer le caca produit. Sous son aspect peu ragoûtant, ce jeu est un formidable outil pour expliquer comment manger équilibré. En chatouillant la fibre « pipi-caca » présente en nous (adultes et enfants, surtout les enfants !), une approche originale et ludique est garantie pour aborder le thème parfois complexe de la nutrition.
* L’été, toutes les rencontres sont possibles
Voilà un mini-site réalisé par l’association AIDES délibérément tourné vers la prévention du sida. Pour chaque situation, une explication courte et simple. Surtout, ce qui fait sa force est une ambiance décoincée. Loin des discours moralisateurs ou culpabilisants.
* Biologie en flash
Ce site est clairement orienté vers la biologie et la géologie en mettant à disposition de tous des petites animations flash qui permettent de mieux comprendre l’organisation du vivant, la tectonique des plaques, l’évolution humain, etc. Grâce à Claude Perrin, auteur du site et enseignant en SVT au Collège Jean Moulin de Montreuil (93), des supports pédagogiques de haute qualité sont exploitables tant par les enseignants que les élèves de collège et tout autre amateur éclairé en curiosité. Rien de tel pour aborder la santé au grand public à partir des bases biologiques.
* Thanatorama
Il s’agit d’un webdocumentaire sur le monde funéraire, une aventure dont nous sommes le héros mort. Loin des tabous et des silences lourds de sens, nous découvrons les coulisses d’une activité qui nous répugne et nous effraie. Par la virtuosité de l’écriture et de l’image, le site peut jouer sur la prévention: celle de nos obsèques que nous reportons sans cesse à un lendemain incertain. Cerise sur le gâteau: la possibilité de visualiser avec le sous-titrage. Un choix précieux quand on sait que peu de vidéos circulant sur le Net sont accessibles à la population sourde…
* Ecriture et témoignages
* Le cimetière des données disparues
Une écriture concise, une présentation minimaliste, un texte blanc sur fond noir et le tout qui nous donne envie d’en savoir plus. Quoi donc ? Chut ! A la fin, des témoignages bizarres qui pourraient nous laisser sur notre faim mais évoqueraient aussi une sorte de mystère. C’est selon la sensibilité de chacun.
* Bembo’s zoo
L’abécédaire apparaît, chacune des 26 lettres étant parée d’une couleur. Cliquons au hasard sur l’une et l’autre. Chaque fois, un nom d’animal surgit, se déplace. Puis les lettres du nom se multiplient et se mélangent pour donner une représentation de cet animal. Bembo est le nom de la police de caractère utilisée. Une connaissance m’a informé qu’en survolant une lettre, on entend le cri de l’animal associé à cette lettre. Mais je suis mal placé pour le vérifier.
* Words at Play
Le même principe est appliqué mais cette fois-ci sur des personnages célèbres. Des barres verticales d’une couleur déterminée se mouvent de gauche à droite et de droite à gauche. En cliquant sur l’une d’elles, le nom du personnage apparaît puis se déplace et multiplication des lettres du nom pour former son portrait. C’est fini ? Que nenni ! Une citation du personnage fait place au portrait et demande un minimum d’intéractivité pour passer à la fin. Trois barres horizontales,la première pour une courte présentation de la célébrité, la deuxième pour le logiciel utilisé et la dernière pour la typographie utilisée et propre à chaque personne.
* Connecting minds Experience
L’illusionniste, Ramon Fauria, propose une expérience qui défie l’imagination: la mise en abîme d’un élément parmi un élément toujours plus vaste. Aucune idée sur son fonctionnement mais l’effet est époustouflant et garanti. Le choix est possible entre visualiser des images ou lire des textes. Jamais cliquer au hasard ne fut aussi prenant. A chaque clic, le même leitmotiv « jusqu’où, jusqu’à quand ? ». Est ce l’infini qui nous regarde et nous contemple moqueur ? Je ne sais…
* Dimension is night is night
Curieux concept qu’a inventé Jason Nelson que ces fragments de phrase qui tournent, virevoltent et s’emboîtent selon le principe bien connu du rubik’s cube. Les dimensions, tournoyantes et cubiques, s’ajoutent à la linéarité traditionnelle des phrases. Le cerveau s’exerce dans une belle gymnastique pour relier ces suites de mots sans relation apparente. Une belle création !
* Fallow
Un autre site basé sur l’expérience de la poésie intéractive. Un poème de Rebecca Givens, « Fallow », est mis en valeur par des photographies anciennes (ou bien est ce l’inverse ?). Un parfum de nostalgie flotte et nous imprègne. A découvrir.












