Samedi 27 septembre 2008
Mois d’août rempli de promenades, été torride du sud, qu’il passe vite le mois d’août. Mois de septembre consacré à la douceur du sud et à la rentrée plus rude. Qu’il passe vite le mois de septembre ! Et voici déjà le temps de remonter à Paris pour une nouvelle semaine de stage IELSF à IVT.
Ô joie, retrouver les mêmes élèves et la même ambiance amicale d’IVT. Ô joie, se replonger avec délice dans les méandres de la LSF (Langue des signes française) pour devenir – qui sait – plus sage, plus sagace ? Toute la semaine, nous avons abordé le concept qui peut se résumer en un triangle dont les trois sommets seraient respectivement représentés par: le signifié, le signifiant et le référent. C’est le triangle d’oedipe qui régit nos rapports avec le monde extérieur et notre vécu intérieur. A ceci d’ajout l’idée d’émetteur et de récepteur via un canal dans lequel passage le message. Essentiel pour saisir ce qu’est la communication entre deux interlocuteurs.
« J’ai le droit de m’affirmer et j’ai avantage à communiquer ».
Le professeur nous a amené à des réflexions sur le comportement affirmatif. C’est à dire exprimer nos pensées, besoins, sentiments et sensations d’une façon claire. Rester donc fidèle à soi-même. Dans le cas contraire, c’est un comportement non-affirmatif. Je survole car le sujet est plutôt ardu et difficile à retranscrire par écrit. Puis vient l’acte même de communiquer. Un pas de funambule à chaque instant, chaque relation tissée sur le fil du rasoir ! Pourquoi ? L’émetteur pense à quelque chose (100%), il veut partager sa pensée et l’exprime sous forme de mots ou de signes. Le message s’en retrouve amoindrie (90%). Nous avons en chacun de nous un filtre qui peut déformer le message. C’est le cas de l’émetteur mais aussi du récepteur (80%). Finalement, le récepteur développe une image mentale (70%) qui peut être différente de celle du récepteur. Par exemple, dire « voiture » n’entrainera pas la même image: marque, couleur, forme, etc. Dans ces conditions, les malentendus sont inévitables. Mais nous pouvons les réduire en vérifiant que l’autre a bien compris. Comment ? Par ses questions qui obligent à préciser notre pensée. Pensez au jeu du téléphone arabe et vous aurez un bel exemple de distorsion du message suivant le nombre d’interlocuteurs.
Mieux connaître ce qu’est communiquer peut être utile aussi bien dans la vie privée que dans la vie professionnelle. S’assurer qu’une relation s’établisse dans les meilleurs conditions. Parfois, une gêne s’installe et qui peut venir de soi-même ou d’une situation. Il est donc également utile de pouvoir analyser d’où vient cette gêne. Et d’y remédier par une volonté personnelle. Pour cela, certianes conditions sont nécessaires. Une touche de psychologie est alors ajoutée mais qui peut être bénéfique. Un prof timide peut essayer de réduire sa gêne par des étapes progressives par exemple. Inutile de détailler, je me comprends.
Une semaine donc intense et enrichissante. Tous les soirs, j’étais bien fatigué. Maintenant, de retour à Aix, je continue la rentrée et rattraper les cours ratés. Et ainsi de suite en octobre et en novembre.
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Mosaïques : En vrac • Môa ! Et vous...
Mercredi 24 septembre 2008

(Scan couverture)
Et un livre de plus, un ! L’histoire porte sur la relation inhabituelle entre le Dr James Murray – le professeur – et le Dr William Chester Minor – le fou. Le premier est l’un des plus, voire le plus célèbre directeur dans le projet si fou et si britannique de l’élaboration d’un dictionnaire. Le deuxième, bien qu’interné dans un asile d’aliénés (terme victorien désignant un hôpital psychiatrique), fut un précieux contributeur dans la recherche de citations d’un mot.
Un dictionnaire ? L’idée peut paraître saugrenue mais à l’époque, ce genre d’ouvrage n’existait pas. Du moins, pas à un état complet. Car il ne s’agit pas de n’importe quel dictionnaire qui est conté: l’Oxford English Dictionnary fait référence. Vous ne le saviez pas ? Moi non plus. Ce dictionnaire avait le but suprême de porter la langue anglais aux quatre coins du monde, à l’ère colonialiste. Pour ça, il faut un répertoire stricte de l’utilisation des mots. La définition ne suffit pas, il faut aussi ajouter toutes les citations qui montrent les emplois subtils de ce mot selon le contexte. D’où la demande aux lecteurs bénévoles de participer au projet pharaonique. C’est là que Murray et Minor interviennent mais je n’en dis pas plus, chut ! Sachez que l’histoire est vraie, plus documentaire sous forme de roman. Entre l’idée et l’impression de l’Oxford English Dictionnary, 70 ans se sont découlés mais le livre « Le fou et le professeur » se lit beaucoup plus vite !
En somme, une histoire originale qui dépasse la fiction. Un livre agréable à lire sans plus à cause de son style un rien ampoulé.
Plus de détails…
- Site officiel de Simon Winchester (en anglais)
- Critique de lecture par Lailshat
Mosaïques : Lectures
Dimanche 21 septembre 2008
Petit village de la campagne qu’est Clochemerle-en-beaujolais et que tout destinait aux vendanges, à la tranquillité entre gens de bonne foi. Jusqu’au jour où le maire, Barthélemy Piéchut, décidait d’installer un urinoir à la place de l’église, tout près de l’église même. Que dis-je ? Une pissotière à la gloire de la virilité de tous les mâles qui, tous vignobles et tous experts en vin, se soulageaient où bon leur semble. Se transmettant leur connaissance de la maîtrise du jet de « père en fils », ceci depuis des générations entière, aussi loin que remontait leur origine de vignoble. Ignoble ? Té, c’est la moindre chose dans les coutumes campagnardes: rustiques, rustauds mais sans véritable fond de méchanceté.
Qui de douterait que ce monument de virilité déclencherait une discorde, un scandale qui allait ébranler le paisible village au plus profond de ses entrailles ? Là où marinent l’odeur du vin, les rancunes, les jalousies et surtout l’ennui, source de tous les maux. Enfin, la vieille salope, Justine Putet n’est pas pour rien non plus. Sans oublier les autres personnages haut en couleur: l’instructeur, Ernest Tarfadel, à l’haleine redoutable et le curé Ponosse, charitable curé du coin dont le nez fleurit en pleine maturité, faisant honneurs aux gens d’ici. Et je ne vous parle pas de la belle Judith dont les courbes et les recourbes en faisaient plus tourner d’un. Et l’Adèle ! Tout en chair, tout en fermeté ! Puritain, passe ton chemin, il est des âmes sensibles ne supportant guère les troubles allusions à la bas-ceinture…
Publié en 1934, l’auteur Gabriel Chevallier se douterait que son livre remporterait – paraît-il – beaucoup de succès ? En tout cas, j’ai beaucoup apprécié et je me suis beaucoup amusé, pour ne pas dire parfois rit aux éclat.

(Scan couverture)
Plus de détails…
- Critique – Retour à Clochemerle
- Vaux en beaujolais – Clochemerle
Mosaïques : Lectures
Vendredi 19 septembre 2008
J’ai beau chercher, je ne trouve pas grand chose sur le « Pourquoi ? » et le « Comment ? » dans le domaine scientifique. Distinction fondamentale pour qui veut se consacrer à la Science et que beaucoup confondent. Tant pis ! Je ferais part ce que m’avait expliqué ma prof de biologie en Terminale.
Un petit retour en arrière: depuis tout petit, je brandissais à tout bout de champ un index (tordu) devant mon long nez fin frémissant de curiosité et m’exclamant: « je me demande bien pourquoi… ». Formule qui faisait ma qualité pour certains, mon travers pour d’autres. Arrivé à l’école, la situation ne s’arrangeait guère. A la différence près que mon index s’envolait par dessus ma crinière chevelure pour attirer l’attention du professeur et le bombarder d’une volée de « pourquoi ? ». Des fois, je m’accrochais avec eux, n’étant pas d’accord sur un point précis.
Ce fut le cas avec ma prof de biologie en Terminale où elle faisait un cours sur l’origine de l’Humanité en se basant sur l’hypothèse en vigueur: la faille de la vallée du Rift qui transforma le paysage: des arbres, une forêt touffue d’un côté et des herbes, une savane de l’autre. Je ne me suis jamais contenté de cette explication qui me semblait et me semble toujours simpliste: les hominidés vivant dans les arbres ont évolués aux singes que nous connaissons tandis que ceux vivant dans la savane se sont redressés pour voir de loin.
Donc sur un nouvel point précis, l’origine de l’humanité, j’eus des accrocs avec elle mais je n’avais que des faibles arguments à lui opposer: elle était du côté du savoir avec toute l’autorité professorale requise… Néanmoins, elle vit me voir à la récréation alors que j’étais encore en classe pour finir de recopier les notes de mes copains. C’est là qu’elle m’apportait une explication éblouissante qui allait marquer à jamais mon fragile et malléable phosphore grisâtre. Elle me fit part de la distinction entre le « Pourquoi ? » et le « Comment ? » qui n’ont pas la même valeur et ne demandent pas les mêmes réponses en Science.
Voyons d’abord les définitions données dans « »Le Petit Robert »:
- « Pourquoi ? » = « Pour quelle raison ? » ou « Dans quelle intention ? ».
- « Comment ? » = « De quelle manière ? » ou « Par quel moyen ? ».
« Pourquoi ? » implique une intention, une origine. Contrairement au « Comment ? » qui veut trouver le mécanisme d’un fait. Prenons un exemple simple:
Pourquoi tout objet lâché tombe par terre ?
–> Parce que les objets obéissent à une force appelée la gravité qui est inversement proportionnelle à la distance. Les objets de faible masse sont attirés par d’autres objets de plus forte masse, ici la Terre ».
« Et pourquoi la gravité est là ? Pourquoi elle ne serait pas une force répulsive ? »
–> … Je ne sais pas…
Ainsi, nous pouvons parfois répondre à des « pourquoi ? » parce qu’ils relèvent du domaine du « Comment ? ». Nous connaissons le mécanisme, la gravité, mais nous ne sommes pas plus avancés sur son origine. Même chose pour l’attraction des particules: nous savons que les charges contraires s’attirent et que les charges identiques se repoussent. Nous savons que les électrons ont une charge négative et les protons une charge positive. Ces propriétés expliquant l’apparition de certains forces. Mais tout aurait pu être autrement et nous ne savons pas pourquoi les électrons, les protons ont justement ces propriété là.
La Science ne peut répondre qu’au « Comment ? », telle est la conviction que voulait me faire partager ma prof de biologie que j’essaie à mon tour. C’est le seul champ d’application où elle peut intervenir: trouver les mécanismes de la vie et de l’univers. Pour ce qui est de leur origine et leur intention, la Science ne peut répondre car ces questions sont en dehors de son domaine. Déjà que nous avons parfois bien du mal à déterminer ces mécanismes… Il est légitime de se demander « Pourquoi ? » et « Comment ? » mais attention de savoir où nous mettons les pieds et de quoi nous parlons. Depuis ce fameux jour, je brandis toujours mon index (tordu) à la différence près que j’essaie de m’exclamer: « je me demande bien comment… ». Le seul point commun qui relie le « Pourquoi ? » et le « Comment ? » est un signe, un tout petit signe d’écriture mais joliment dessiné: le point d’interrogation qui condense tout et rien !

(Source image –> X)
Mosaïques : Cogitations • Science
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