Samedi 28 février 2009
En voilà un livre que j’aurais dévoré des yeux ! Les heures devenaient minutes, la lune succédait au soleil et déjà la nuit tombait. Alors, quel regret que de devoir s’endormir, les personnages ont vite fait de peupler mes songes. Damned !
Ca cause d’une femme, Joséphine, qui doit se débrouiller toute seule avec ses deux filles suite au départ de son mari, Antoine. Mais Katherine Pancol décrit aussi les aventures et les déboires d’une foule de personnages: sa soeur, Iris et ses yeux bleus, leur mère, la Cure-Dent sèche et raide comme une trique, leur beau-père, Marcel qui fricote avec sa maîtresse Josiane. Il y aussi Hortense, la fille de Joséphine qui mérite décidément qu’on lui foute une baffe. Dommage que sa soeur, Zoé, soit plus en retrait. Et sa voisine, Shirley, sacré femme accompagnée de son fils Gary, etc, etc. Tous, j’avais envie de connaître leur histoire, leur vie et on saute de l’un à l’autre allégrement dans un bel chassé-croisé.
L’histoire est peut être classique ou irréaliste, ce n’est sans doute pas un chef-d’oeuvre mais j’ai beaucoup aimé et c’est l’essentiel, non ? J’ai dégusté les mots et les phrases. De plus, la couverture est belle, ça rafraîchit les yeux et ça donne envie de s’y plonger.
A lire, à bouffer !

(Scan couverture)
Jeudi 26 février 2009
Pauvre petit cerveau enfermé dans sa boîte crânienne ! Boîte noire et hermétique qui l’emprisonne à jamais. Tout juste s’il dispose de quelques trous de serrure, les cinq sens, qui lui donnent un aperçu de l’extérieur. Et, par le peu qu’il dispose, il construit sa réalité, c’est à dire le monde qu’il conçoit. La construction de la réalité se joue donc sur deux niveaux: celui des perceptions sensorielles et celui de la synthèse cérébrale à partir des perceptions.
Sentir, voir, toucher, goûter, entendre sont les sens les plus connus (il y en a d’autres que je ne détaillerais pas). Ils constituent la base sensorielle d’un être humain. Pourtant, il y aura toujours des variations qui font que chaque personne a sa propre réalité. Pour vous en convaincre, choisissez une couleur et demander aux autres de la décrire: ce sera toujours différent (je me souviens encore du débat acharné entre mes amis sur la couleur de ma salle de bains: mauve ? Rose foncé ? Violet ? Fuschia ?). Ou encore, certains auront l’oreille musicale et d’autres un odorat plus développé. Tout ceci vient du fait que le cerveau d’un nouveau-né perd 50% de ses neurones à la naissance et qu’il construit ses connexions neuronales à partir des stimulations sensorielles. Qu’un sens s’ajoute ou vient à manquer et c’est toute notre réalité qui s’en trouve chamboulé.
Le sens gustatif du serpent est si développé qu’il peut même sentir le goût de l’air, le requin traque ses proies par leurs excitations électriques, les abeilles perçoivent les ultraviolets émis par les fleurs, etc. Imaginez un peu que vous ayez les mêmes sens, quel chamboulement ! Et le sourd qui n’entend pas, l’aveugle qui ne voit pas, ceux qui ne peuvent sentir ou ni toucher, quel chamboulement aussi ! Dans le deuxième cas, nous parlons de « handicap » alors que dans le premier cas nous dirions « amélioration ». Quelle différence puisque chacun construit sa réalité en fonction de ce qu’il perçoit ? Tout dépend de notre point de vue et de notre expérience.
Quant à la synthèse cérébrale, c’est un vaste sujet mais elle rejoint ma réflexion qui a débutée lors de ma recherche sur les illusions d’optique pour mon TPE, en classe de Première. Ces illusions existent car c’est le cerveau qui les construit: il se leurre lui-même ! Les illusions d’optique sont très intéressantes dans le sens qu’ils montrent le fonctionnement de notre cerveau. C’est là que j’ai douté de la pertinence du terme « réalité » et ça ne s’est pas arrangé par la suite avec les lectures des ouvrages de Olivier Sacks. Là où les autres ne verraient aliénation et folie qu’il faut absolument guérir, Olivier Sacks démontre que les « fous » ne sont pas si fous que ça… Ils ont juste un truc dans leur cerveau qui ne se marche pas comme prévu et ils s’adaptent avec, ils construisent leur réalité. C’est très souvent étrange mais toujours enrichissant. J’ai un copain qui a grandi dans des écoles pour sourds et lui-même a appris la LSF, en plus du français écrit et oral. Le plus fort, c’est qu’il n’est pas sourd ! En fait, son cerveau n’arrive pas à donner un sens à ce qu’il entend. Alors, il utilise une autre langue qui passe par la voie visuelle pour compenser cet obstacle et ça a marché. Mes études dans les neurosciences n’ont fait que renforcer mes premières réflexions.
Tout ça pour dire que je n’aime pas:
* la focalisation sur le cerveau au détriment du corps alors qu’ils sont liés.
* le mot « handicap » qui suscite pitié et misérabilisme alors qu’il nous montre une richesse insoupçonné: la conception d’une autre réalité.
Pour finir, dis moi ce que tu vois et je te dirais qui tu es…

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PS: Parmi les conférences de la Semaine internationale du cerveau du mois de mars 2008, celle-ci m’a attiré l’attention: « Le réel, c’est dans la tête ! ». Mais c’est un enregistrement audio, grrr…
Mardi 24 février 2009
Depuis un bout de temps, les neurosciences sont à la mode parmi le grand public. Ou du moins dans les médias si j’en crois la profusion d’articles traitant du cerveau, avec des titres plus ou moins accrocheurs. Citons, entre autres, Sciences et Avenir avec son dossier choc « Comment le cerveau gère notre sexualité » (février 2009, n°744) ou, plus récent, la couverture de Science & Vie qui affiche en gros caractères: « La science sait lire dans les pensées » (mars 2009, n°1098). Oh, la génétique n’est pas près de dire son dernier mot avec la fascination qui règne autour de l’ADN mais n’empêche qu’elle est talonnée de près par les neurosciences.
Il est vrai que le cerveau fascine car il est admis par tous qu’il est le siège de l’intelligence, de la mémoire et des émotions, bref de ce qui fait notre personnalité. Certains vont jusqu’à avancer que le cerveau est le substrat organique de l’esprit et de l’âme mais ceci est un autre débat. Il est vrai aussi que nos connaissances en neurosciences ont beaucoup progressé, au point de pouvoir « visualiser » le cerveau en action. Les guillemets sont de rigueur car les images cérébrales montrées sont à prendre avec précaution pour au moins deux raisons:
1) Il ne s’agit pas d’une visualisation directe mais d’une reconstruction à partir des données informatiques et ceci en utilisant des logarithmes de calcul et des logiciels. La part subjective n’est donc pas négligeable et varie selon les expérimentateurs.
2) Il faut avoir en tête que les images montrent des moyennes réalisées à partir des mesures faites sur un échantillon. Les variations individuelles sont parfois très grandes et elles ne signifient pas grand chose en dehors du contexte de l’expérience.
3) Bien que belles et attractives, les images sont dépendantes d’une expérience et donc de la formulation des hypothèses du départ qui ont mené à un certain protocole avant d’arriver à des résultats. Rien n’est figé, bien au contraire !
Alors oui, nous avons progressé dans la connaissance du cerveau et de l’imagerie cérébrale mais nous avons encore une vision très parcellaire. Il me semble utopiste de vouloir déchiffrer la pensée, influencer la personnalité et saisir l’âme. N’est ce pas trop présomptueux ? Et pourtant ! Les articles abondent dans ce sens en affirmant découvrir l’origine de la religion, de la sexualité, de l’addiction, etc. A vouloir réaliser nos fantasmes, nous donnons naissance aux dérives.
C’est bien là le hic: la coupure entre la recherche (médicale ou non) sur le cerveau et la société qui ne saisit pas toujours les subtilités. Déjà, les images cérébrales sont utilisées dans la justice pour démontrer si l’accusé est coupable ou non et ceci est inquiétant car ces images sont dévoilées dans une autre situation qui n’est absolument pas adaptée. Qui peut se targuer de savoir les déchiffrer et de les comprendre réellement ? Cela relève plus de la manipulation qu’autre chose. C’est un exemple parmi d’autres.
Pourquoi cette fascination autour des neurosciences ? Sans doute parce que nous voulons absolument donner un sens à notre p’tite vie et que nous croyons atteindre ce sens en examinant de près notre cerveau. Je remarque aussi une tendance à vouloir se focaliser sur le cerveau et rien d’autre. Comme si tout ce qui fait notre personnalité et notre exception se trouvait dedans. Je pense que c’est une erreur de faire la dissociation entre le corps et le cerveau, entre l’individu et le collectif car tout est intimement lié. S’en tenir à un seul organe est réducteur et dangereux. Ne l’oublions pas: nous sommes faits à partir des autres et de soi-même.
Plus de détails…
- La France face aux dérives des neurosciences.
- Neurosciences – Entre fascination et répulsion.
- Faut-il craindre les dérives des neurosciences ?
Samedi 21 février 2009
Une sorte d’arène dans la Cité du livre de Aix-en-Provence et, au fond de l’arène face à une estrade, une table. Avec la table: une chaise, une bouteille de coca-cola, un miroir et divers objets dont j’ai oublié. Un décor minimaliste quoi ! Et, dans ce décor, une femme vêtue d’une robe rouge. Toute seule face au public. Derrière elle, un écran où est projeté le texte. C’est que le public est composé de sourds et devenus-sourds dont la majorité est membre de l’association Surdi13 qui a organisé cet événement.
La pièce de théâtre est divisée en douze chapitres. Douze scènes et douze moments où ce fut merveille de voir Florence Hautier s’animer au gré des personnages: la posture et la voix, le mouvement et le geste. Se servant des objets comme personnages, virevoltant ici et là, murmurant sa folie ou crachant sa haine du maréchal « Putain » mais toujours la folie est là, qu’elle soit mère, fille, grand-mère, jumeau, adjudant ou tortionnaire.
Des belles phrases, des beaux mots égrenés sans anicroche, le surtitrage qui suivait le rythme, une bonne articulation de la comédienne et le temps a filé ! C’est à la fois drôle et horrible, l’humour noir fait mouche. J’ai adoré le passage où la mère se moque du béret français: une bouse sur la tête ! Je me suis amusé aussi de voir que Florence Hautier ne prononçait pas tout à fait les mêmes mots que ceux affichés sur l’écran ou bien les inversait. J’ai eu l’impression aussi qu’elle a eu un trou de mémoire, deux ou trois fois. Elle se retournait alors, mine de rien, pour lire le texte et reprendre son rythme.
Un bail que je n’étais pas retourné au théâtre et ce fut un bon moment avec de la poudre d’étoiles dans les yeux. Une seule chose continue à me tracasser: le terme « paralipomènes » dont je ne comprends toujours pas ce qu’il vient faire là dans la pièce… Mes neurones grésillent mais pas de « tilt ! ». Tant pis…

Rose et sa fille Louisiane vivent aujourd’hui recluses dans une cité de banlieue. Un huissier se présente pour procéder à un inventaire avant expulsion. Mais la vie de Rose s’est arrêtée en 1943, lorsque son frère fut assassiné par la milice. Pour elle, l’huissier est l’envoyé de Darnand et du Maréchal « Putain »… Ce récit exubérant, subversif, effrayant, comique est celui de la transmission, de mère à fille, d’une révolte à travers la folie.
Mercredi 18 février 2009
Quelle est la différence entre le savon d’Alep et les noix de lavage ?
Y’en a un pour les vêtements et l’autre pour la peau ? Moui…
On sèche ?
Les noix de lavage sont des fruits qui contiennent des saponines. Elles sont produites par des nombreuses plantes pour se protéger des insectes, des maladies, etc. Tandis que le savon est le résultat de la saponification qui est une réaction chimique, dans un milieu basique, entre la soude et des corps gras (oléine pour l’image ci-dessous).

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Processus « naturel » par les plantes et « artificiel » par les hommes, la chimie reste au coeur des réactions, aussi bien pour les saponines que pour le savon.
Et maintenant, quel est le point commun entre les saponines et le savon ?
Ca lave ? Bravo ! Mais encore ?
Alors, on mouille ?
Ce sont, tous les deux, des détergents, c’est à dire capables d’enlever la salissure grâce à la présence des molécules amphiphiles. Elles ont une tête hydrophile (polaire) qui attire l’eau et queue hydrophobe (apolaire) qui repousse l’eau. Dans l’eau, les molécules amphiphiles forment spontanément une micelle: sorte de « bulle » dont l’intérieur est composé des parties apolaires des molécules amphiphiles, contrairement à la surface où sont regroupées les parties polaires.

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Or, qu’est ce qu’une salissure ? C’est un ensemble de matières organiques, de matières minérales et de germes microbiens. Parmi ce complexe, se trouvent des parties hydrophobes qui seront attirées par la partie centrale des micelles. Il se décollent du support (peau ou vêtement) pour se retrouver en « cage », emprisonnés au sein des micelles. Il ne reste plus qu’à rincer pour évacuer le tout.

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Les saponines et le savon sont également des tensioactifs qui abaissent la tension superficielle de l’eau, c’est-à-dire que l’on diminue l’énergie de l’interface eau/surface à nettoyer. De cette manière, on augmente le pouvoir mouillant de l’eau. En effet, l’eau sans savon a un faible pouvoir mouillant. Elle s’étale peu sur une surface car ses molécules ont tendance à se regrouper entre-elles. En augmentant le pouvoir mouillant de l’eau, elle s’étale plus et on facilite l’élimination des salissures.
Un grand merci donc à ces précieuses molécules qui nous garantissent une bonne hygiène. Et grâce aux propriétés des molécules amphiphiles, nous connaissons la joie des mousses et des bulles de savon mais ceci est une autre histoire…
En savoir plus…
- Tout sur les saponines
- L’invention du savon par Arte
- La chimie du savon (fichier pdf)
- Tout sur les bulles
Mardi 10 février 2009
Je suis fou ! Après avoir fini le livre « Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devient milliardaire » à deux heures du matin, voilà que je m’empresse de voir son adaptation au ciméma: « Slumdog Millionnaire ».
Et je fus… déçu ! Irrité même que l’adaptation soir si mauvaise alors qu’il y avait de quoi faire un bon film, à défaut d’un chef-d’oeuvre. C’est sûr que lire le livre juste avant de voir le film joue mais, ceci mis à part, le film reste mauvais. L’histoire est confuse, tout s’enchaîne à un rythme effréné et le tout est vraiment tiré par les cheveux, j’en avais mal au crâne ! Sans parler du décollement de la rétine face à une caméra qui bougeait sans cesse, agaçant !
Surtout, ce qui faisait la force du livre était une narration non-linéaire. Dans le film, l’histoire est bêtement chronologique: ça devient plat et surtout c’est moins cohérent. Et l’histoire d’amour ! L’indien, avec sa gueule d’abruti (désolé mais il a vraiment une gueule d’abruti), qui se pâme et s’obstine devant la belle. C’est reculé comme thème, ça n’apporte rien et c’est gnan-gnan à souhait. Je suis méchant, je suis de mauvaise foi mais je ne pardonne pas au film d’avoir pris trop de libertés au point d’en être dénaturé.
Grazie à Meya d’avoir trouvé une citation de Simon Beaufoy, le scénariste, sur les difficultés qu’il a pu rencontrer lors de l’adaptation scénaristique:
« La principale difficulté était de préserver l’esprit de l’oeuvre originale tout en transformant les personnages littéraires en personnages cinématographiques. Le livre se présente sous la forme de douze nouvelles qui ne suivent pas le personnage de sa naissance à l’âge adulte. C’est plutôt décousu et certaines apparaissent comme de petits contes, discrets, sans aucun lien avec les personnages principaux. Il n’y a pas de fil conducteur continu dans la narration. »
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Comme elle l’a fait remarqué avec justesse: « quand je lis ça, je me dis qu’il a rien compris au livre ! Car toutes ces scènes du livre s’imbriquent les unes dans les autres. Certaines ont l’air moins importantes que d’autres, mais elles jouent sur un épisode de la vie du jeunot. Et puis ne pas les ranger dans l’ordre chronologique c’est plus enrichissant, ça ressemble plus à la mémoire humaine… » Un avis que je partage entièrement. De plus, quelle différence entre un personnage littéraire et un personnage cinématographique ? Étiquette, quand tu nous tiens…
Allez, j’ai quand même aimé un truc: les danses à la fin du film. Sympa à voir.

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Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission « Qui veut gagner des millions ? ». Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.
Plus de détails…
- Site officiel
- critique Dvdrama
Lundi 9 février 2009

(Scan couverture)
Un indien, pauvre et jeune, est arrêté par la police puis torturé. Son crime ? Avoir gagné au jeu « Qui veut gagner un milliard de roupies ? ». Un inculte merdeux du bas de l’échelon, comment il a gagné ? Il a forcément triché ! Jusqu’à qu’une mystérieuse femme le fasse sortir, l’héberge et le nourrit. Elle a décidé de prendre sa défense en tant qu’avocate et c’est ainsi que nous suivons le fil de sa vie à travers l’Inde.
Ram Mohammad Thomas, son nom qui résume d’avance ses pérégrinations. Trois noms à consonance religieuse pour le prix d’un: hindou, musulman et chrétien (voir le passage par ici). Et c’est le début d’une aventure, parfois tirée par les cheveux, mais toujours captivante. Triste et gai, léger et effroyable. Il a tout connu et, à travers lui, c’est une Inde pas toujours glorieuse qui se dessine. Loin des clichés touristiques, c’est l’Inde de la richesse et de la pauvreté, des religions et des castes, des traditions et de la modernité. Pour chaque question, c’est une période de sa vie qui nous est contée : un prêtre particulier, une star de Bollywood, une pute des bas-fonds, un tueur à gage, une famille déchirée et j’en passe.
Ce que j’ai surtout aimé est l’absence d’une narration linéaire et chronologique. Au contraire, ça va et ça vient, comme le reflux des pensées. Au fil de la lecture, les détails s’emboîtent, le tout forme une trame cohérente et les personnages sont attachants. C’est agréable à lire, l’écriture est fluide et on passe un bon moment (j’avoue, j’avoue: je l’ai dévoré en une journée !). Juste un regret: qu’on n’ait pas gardé le titre original: « Q and A ».
Et, fou que je suis, le lendemain, je vais voir son adaptation cinématographique: « Slumdog Milionnaire ».

