Élections 2017 : que faire ?

Mosaïques : En vracMôa ! Et vous...

mardi 2 mai 2017

Pour rappel aux générations futures, si ce blog existera toujours dans 30 ans (gloups !), le dimanche 7 mai 2017 marque le deuxième tour des élections présidentielles où les électeurs français devront choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pour moi, il s’agit d’un vote très difficile qui créé un séisme entre ma raison et mon cœur. Je n’avais pas prévu de faire un billet dessus. Sauf que face à la réaction de certaines connaissances et d’après ce que je perçois parmi les médias, je ressens le besoin d’exprimer mes dilemmes, en espérant apporter ma petite pierre à l’édifice, parfois fragile, de la démocratie.

Macron VS Le Pen
[Source image]

Voter Marine Le Pen ?

La réponse est claire et nette : NON ! D’accord, si elle arrive au poste de la présidence, elle sera la première femme présidente de l’histoire de la 5ème République. Je me considère comme féministe jusqu’au bout des ongles mais ce féminisme ne doit pas masquer une réalité : le Front National est un parti de l’extrême-droite qui se base sur la haine de l’autre en désignant des boucs émissaires. Marine Le Pen, tout comme son père, est une fasciste. Mais non, mais non, j’exagère, je dédramatise, etc. OK, voyons alors la définition du fascisme (source : La Toupie) :

Le régime fasciste entend faire de la nation une communauté unique rassemblée derrière un seul homme ou une seule femme (culte de la personnalité et importance de la hiérarchie), avec un individu qui doit s’effacer devant l’État. Rejetant les droits de l’Homme, il s’accompagne d’un État policier fort et sécuritaire, d’une organisation verticale des métiers en corporation, d’une méfiance envers les étrangers et d’une politique réactionnaire. Le fascisme est une des formes du totalitarisme. Au-delà du régime mussolinien, le terme « fasciste » sert souvent à qualifier des régimes autoritaires, totalitaires, proches dans leur forme du fascisme italien : nazisme, régime de Franco, régime de Vichy…

Il suffit de lire le programme de Marine Le Pen pour se rendre compte que tout ce qu’elle propose colle à la définition ci-dessus : rejet de l’étranger, exaltation des français, étalage du patriotisme, etc, etc. Donc, d’une manière viscérale, il n’est pas possible que je vote pour un parti d’extrême-droite ! Mon arrière grand-mère a connu les deux guerres mondiales du 20ème siècle. Mes grands-parents ont vécu la deuxième guerre mondiale et ne m’en parlent jamais. Mes parents sont la première génération à naître et vive dans une période paix. Je suis la deuxième génération et j’espère bien que mes enfants ne connaîtront jamais la guerre. Or, elle n’est jamais loin quand les droits de l’humain sont bafoués. Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement en Turquie avec le régime quasiment totalitaire du président Erdogan… Françoise Giroud avait entièrement raison en affirmant :

Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser.

Voter Emmanuel Macron ?

En lisant son programme et en me renseignant sur son profil politique, il est très clair que c’est une personne qui croit fortement en la libre entreprise, le libre marché et sa régulation par lui-même, sans intervention de l’état. Or, il suffit de se pencher sur l’histoire du 20ème siècle, associé à la montée du capitalisme, pour se rendre compte que le libre marché creuse les inégalités au profit des plus nantis. Il provoque également des désastres écologiques, fragilise les femmes et toutes les personnes en situation précaire. C’est que nous vivons depuis une vingtaine d’années au minimum et cela s’empire.

Emmanuel Macron n’est certes pas un fasciste comme Marine Le Pen. Cependant, je ne vois pas trace d’une société plus juste, solidaire et égalitaire. Ma principale crainte, s’il devient président, est de voir les inégalités se creuser davantage, voir monter la déception et la colère, deux terreaux fertiles au populisme et à la haine de l’autre. Car, un bouc émissaire est toujours plus facile à désigner du doigt plutôt que faire face aux réels problèmes. j’en veux pour preuve les émeutes des banlieues en 2005. Et, à plus long terme, assister à la montée toujours plus forte du Front Nationale et donc du fascisme… La bande-dessinée Economix sur l’histoire de l’économie m’a ouvert les yeux et je vous invite à le lire pour les plus sceptiques ou les plus curieux.

Voter blanc ou ne pas voter ?

Ne pas voter est tout simplement impensable pour moi, c’est un acte citoyen ancré au plus fort de moi. Il me reste toutefois la possibilité de voter blanc afin de déclarer qu’aucun candidat actuel ne correspond à mes convictions et à mes attentes. Sauf que le vote blanc, bien que comptabilisé, n’est pas pris en compte dans les résultats des votes. Le documentaire ci-dessous explique bien les enjeux de notre démocratie qui est n’est pas véritablement une démocratie… Il dure 45 min et vaut également le détour (même si j’ai trouvé des passages répétitifs).

J’ai pas voté

Je comprends que les gens n’aient plus le désir d’aller voter ou de choisir le vote blanc. J’ai envisagé cette possibilité. Sauf que ma crainte, en agissant de cette manière, est de favoriser la montée de Marine Le Pen. Et en même temps, je ne peux pas saquer la position du libre marché prônée par Emmanuel Macron. Ce qui m’a le plus emmerdé durant ces élections est d’avoir effectué un choix par élimination pour désigner le moins pire de tous. Mon premier vote, en tant qu’électeur majeur, est d’avoir choisir Jacques Chirac pour contrer Jean-Marie Le Pen. Et depuis, mon vote a toujours été un « vote contre » et non un « vote pour », jamais un vote « par conviction ». Comme maintenant.

Alors, que faire ?

Publiquement, je choisis de voter Macron pour une raison principale : contrer, une fois de plus, le fascisme. Une fois de plus, il s’agit d’un « vote contre ». J’espère ensuite qu’à plus long terme s’organisera un contre-pouvoir qui, je l’espère, me fera parvenir à une démarche « pour ». Pour quoi ? Davantage de justice, d’indépendance, d’égalité, de solidarité, etc.

Dit comme cela, ça fait naïf, ça évoque les bisounours, les champs de pâquerettes « je t’aime un peu… ». Or, pour arriver à cet idéal de société, il y a du boulot car derrière les partis politiques française se cachent d’autres acteurs tout aussi puissants. Citons en vrac : les multinationales qui régulent les marchés financiers (pensez à la crise de 2008 où de l’argent s’est mis à pleuvoir pour sauver les banques) et l’intervention d’une Europe gangrenée par les mêmes marchés financiers. Regardez la Grèce, regardez la Turquie, regardez les États-Unis. Le souci ne vient pas de l’Euro. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre. Il s’agit de définir une politique permettant aux États membres plus de liberté pour créer une Europe plus solidaire et plus juste. Le système actuel n’est pas parfait mais a le mérite de conserver une paix précieuse depuis les années 50. C’est une révolution dans l’histoire des civilisations !

Si je ne crois plus aux décisions « venant d’en haut », je constate avec plaisir un nombre croissant d’initiatives locales. Les gens, à leur échelle, font bouger les choses à leur manière. Ce n’est pas toujours flagrant, c’est une démarche en catimini et pourtant ils existent, ces petits gens qui espèrent d’autres horizons. Et ce sont leurs petites voix, toujours fourmillant, toujours renaissant, qui nourrissent mon incurable espoir. C’est « d’en bas » que viendra le changement, pour le pire et le meilleur. Voyons ce que nous réservera les gens de l’avenir.

Bon vote !

Dans la même catégorie

Article suivant

2 Pierrot ont pris leur plume. Et toi ?

  1. d@vyd

    …et oui ! voter pour  » la peste ou le choléra  » , telle est la question à chaque fois…. 🙁

    samedi 6 mai 2017 à 10 h 31 min
  2. Sirtin

    Et voilà, Macron est élu ! Comme tu dis, reste à voir ce que ça donnera dans les années à suivre : peste, choléra ou remède miraculeux ?

    mardi 9 mai 2017 à 16 h 55 min

Les champs marqués d'une astérisque * sont obligatoires

Markup Controls gras italique citer liens
Emoticons Sourire Grand sourire Triste Stupéfait Mouais Classe Sourire taquin Clin d’œil Rougir Démoniaque Tordu Sourire vert

Envie d'une image avec ton nom ?

Alors, va sur le site Gravatar et inscris toi pour télécharger ton image. Il ne reste plus qu'à entrer la même adresse mail sur le blog que celle choisie sur Gravatar et ton avatar est affiché ! Ch'est pô beau cha ?