Lundi 21 décembre 2009
Bonnes fêtes !

(Source image –> Vladstudio)
Ce jour là, je m’en vais rejoindre ma famille et les festivités traditionnelles de fin d’année. Le blog n’est plus jusqu’à l’année prochaine : il laisse sa place à la ripaille et à l’orgie ! D’ici là, toi l’adorable et sexy lectrice, toi le charmant et drôle lecteur, passez des bonnes fêtes et faîtes attention aux lendemains qui ne chantent guère.
Avant de partir, un petit lien sur les origines (troubles ?) du Pôpa Léon et une vidéo absurde (de Koreus), l’une des rares où j’ai vraiment rigolé seul devant l’écran.
A la revoyure les aminches !
Samedi 19 décembre 2009
Mon billet, Es-tu vivant ?, abordait la difficulté de définir la vie qui est pourtant le sujet d’étude des biologistes. Comme si ça ne suffisait pas, ils travaillent également sur un autre concept tout aussi flou: l’espèce. La définition la plus communément admise (qui est aussi celle que j’ai apprise lors de mes études de biologie) est la suivante :
Une espèce est une population ou un ensemble de populations dont les individus peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et féconde, dans des conditions naturelles.
Tu peux le vérifier toi-même en devenant amateur de zoophilie: tu peux baiser à tout va, avec n’importe qui et n’importe quoi, tu n’auras pas de descendance hybride. C’est souvent le cas parmi tous les obsédés de la reproduction du Vivant. Y’en a qui sont quand même fortiche pour avoir une descendance hybride comme le bardot, croisement d’une ânesse et d’un cheval ou le mulet, croisement d’un âne et d’une jument. Mais bernique, le bardot et le mulet sont stériles et, à ce titre, les chevaux et les ânes restent deux espèces distinctes. Ouf, la définition est sauvée !
N’empêche que définir une espèce n’est pas une sinécure et le critère de l’inter-fécondité n’est pas toujours pertinent. Chiens et loups sont considérés comme deux espèces, bien que très proches. Pourtant, certaines races canines peuvent avoir une descendance féconde avec les loups. D’autres auraient du mal avec leurs propres congénères: imagine le cric-crac entre une caniche et un doberman: je plains l’accouchement de la caniche ! Du coup, on bricole en classant les chiens comme sous-espèce des loups et hop, c’est arrangé bibi !
Que dire également du colza, issu d’une hybridation naturelle entre la navette et le chou ? Ce qui n’empêche pas de les considérer comme trois espèces distinctes… L’hybridation est monnaie courante chez les végétaux mais je connais mal ce domaine pour en dire plus. Par contre, les goélands bruns et argentés constituent un autre exemple classique. Ils cohabitent mais ils sont morphologiquement différents et ne s’hybrident pas car trop peu apparentés pour avoir une inter-reproduction. Ils restent reliés entre eux par une chaîne de sous-populations pouvant se reproduire entre-elles. Du fait de la présence des ces populations intermédiaires, les goélands bruns et argentés font partis de la même espèce qui forme alors une « continuité en anneau »: c’est la variation clinale.
Les variations des populations inter-fécondes (ici représentées par des blocs de couleurs) le long d’une cline peuvent suivre une courbe, formant au final un anneau. Cependant les blocs vert et rouge ne peuvent pas s’hybrider.

(Source image –> X)
Les bactéries s’y mettent aussi à chambouler le concept d’espèce par leur mode de reproduction: asexuée. C’est à dire qu’ils se reproduisent par clonage, la cellule-mère se divise en deux cellules-filles identiques. Pouvons nous affirmer pour autant qu’un organisme est une espèce à lui seul ? Sans compter qu’il existe une forme de reproduction sexuée entre plusieurs bactéries, dans le sens d’un transfert horizontal de gènes entre deux organismes distincts. Ce transfert est donc susceptible d’introduire de la variabilité dans le génome bactérien. C’est encore pire pour ceux qui alternent la reproduction sexuée et asexuée ! Si, si, il y en a: les méduses qui ont un cycle de vie assez compliqué, réparti entre la forme « polype » (fixe, « végétale ») et la forme « méduse » (mobile, « animale »). A ce propos voir l’animation ou l’image ci-dessous.

(Source image –> X)
Alors, comment définir une espèce dans ces conditions ? Le débat reste toujours entier. Au niveau morphologique, ce n’est pas toujours pertinent comme l’atteste la variété des caractères phénotypiques au sein des chiens et des chats. Comment isoler un ensemble de caractère constant et désignant tous les organismes d’une même espèce ?

(Source image –> X)
Cette question se retrouve particulièrement parmi les espèces jumelles. Deux espèces sont jumelles si elles sont morphologiquement très proches, voire identiques, mais d’origines différentes. Cette notion est apparue en 1919 par le généticien américain Alfred H. Sturtevant lorsque:
croisant des lignées mutantes de la mouche Drosophila melanogaster, il constata qu’il ne parvenait pas à croiser certaines lignées entre elles. Les lignées se répartissaient en deux lots mutuellement interstériles. Il avait là deux espèces de drosophiles qu’il ne pouvait identifier que par croisement. En effet, la nouvelle espèce était identique à l’autre, à l’exception de différences microscopiques des pièces génitales des mâles, visibles seulement à la loupe. Il appela cette deuxième espèce Drosophila simulans (« l’imitatrice »).
Et au niveau génétique ? Ce n’est pas ça encore comme l’illustre à merveille la bactérie Escherichia coli dont il existe trois souches différant les unes des autres par leur caractère pathogène: une non pathogène, une pathogène pour les voies urinaires et une pathogène pour les hématies. Bien qu’ayant environ 40% de gènes en commun, ces trois souches sont issues d’une même espèce. Dans cette optique, pourquoi les chimpanzés (Pan troglodytes) et les humains (Homo sapiens) sont considérés en tant qu’espèces distinctes malgré le fait qu’ils partagent 99% de leur génome ? Parce qu’ils ne peuvent pas avoir de descendance fertile !
Comme tu peux le voir, la notion d’espèce est très floue et résulte le plus souvent d’un arrangement pratique pour définir les relations de parenté entre les êtres vivants. Ils dépendent davantage de nos représentations que d’une réalité objective et indépendante. C’est pourquoi j’adore l’ornithorynque, inclassable à tous les points de vue, tant sur le plan morphologique que génétique !

(Source image –> X)
En savoir plus…
- La définition de l’espèce : morphologie et génétique
- Le flou du concept d’espèce chez les bactéries et les métazoaires (fichier pdf)
- Doit-on abandonner le concept d’espèce ?
Jeudi 17 décembre 2009
En voilà un jeu original ! Un bonhomme doit trouver la clé pour ouvrir la porte et passer au niveau suivant. Un objectif simple mais un chemin parfois ardu. Car il est constitué de plusieurs cases qu’on fait bouger avec les flèches directionnelles et ça vire rapidement au puzzle. Il faut que les cases correspondent exactement entre elles sinon le bonhomme ne peut pas passer de l’une à l’autre, horizontalement ou verticalement.
Pour faire bouger le bonhomme, il faut d’abord zoomer sur lui avec la barre ESPACE et le déplacer avec les flèches directionnelles. Puis dézoome avec la barre ESPACE et déplacement des cases à l’aide des flèches directionnelles. J’aime beaucoup et, pour le moment, j’en suis au niveau 22 (image ci-dessous). Il y a en 31 en tout, vais z’arriver !
Pour jouer, clique sur l’image

[EDIT: 23 décembre 2009]
YEEEAAAAAAAAH !!
J’ai réussi à aller jusqu’au bout. Yes baby, i am very happy vu que ça fait plusieurs jours que j’étais dessus. Il est 1h30 du mat’, je vais pouvoir me coucher corps et esprit détendus…
YEEEAAAAAAAAH !!
Mardi 15 décembre 2009
Qu’on aime ou qu’on déteste la science, on ne reste pas indifférent devant. Pis: on se fait une représentation du savant mais laquelle ? Je me suis amusé de la retrouver à travers des personnages, réels ou imaginaires. Pardonne moi adorable lectrice, doux lecteur, mais le sujet est si vaste que je reste forcément superficiel. J’espère avoir donné quelques aperçus à la fois rigolos et pertinents à travers ces portraits.
Il y a l’image d’un savant touche à tout, curieux de tout et capable d’inventer les plus folles machines. C’est l’inventeur génial, parfaitement incarné par Géo Trouvetou, un des personnages phares de la bande à Picsou. Heureusement qu’il est assisté par Filament, muet mais propice à réparer les gaffes de son maître.
Géo Trouvetou

(Source image –> X)
il est impossible de rater une évocation de Albert Einstein dont sa photo se retrouve aisément, surtout quand il est vieux et non jeune. Pourquoi ? Vieux, on dirait un papy rassurant avec ses cheveux en bataille et sa grosse moustache. C’est le savant rêveur, distrait, abordable en apparence.
Albert Einstein

(Source image –> X)
Dans la même catégorie, on retrouve le Professeur Tournesol. A la croisée de Géo Trouvetou et Albert Einstein: inventeur mais rêveur et distrait, enfermé dans son monde et restant hermétique face aux réflexions des autres (en grande partie parce qu’il est sourd). Il exaspère le monde mais reste attachant. c’est aussi le savant poète où, sous sa carapace, se cache de la tendresse (à ce propos, lire: Le regard du poète et le regard du scientifique).
Professeur Tournesol

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Il paraît que Hergé s’est inspiré de Auguste Piccard pour le personnage du Professeur Tournesol. Ce n’est pas n’importe qui: il a été l’homme ayant monté le plus haut et descendu le plus bas de son époque. Il a atteint l’altitude de 15 781 mètres, à l’aide d’un ballon libre et il a été le premier à voir la courbure terrestre de ses propres yeux ! Descendu aussi à 10 916 mètres, grâce au bathyscaphe, il avait alors 76 ans… Là, nous avons affaire au savant explorateur, prêt à tout pour tester les limites de la science.
EDIT : Je me suis embrouillé les pinceaux dans la généalogie de la famille Piccard. Auguste est bien monté à 15 781 mètres avec son ballon mais c’est son fils, Jacques, qui est descendu à 10 916 mètres avec Don Walsh, lieutenant de la Navy. Ils sont descendus grâce au Trieste, un bathyscaphe inventé par Auguste et la descente du Trieste fut son 4e record (indirect) du monde à l’âge de 76 ans. Merci à Marion Montaigne qui m’a révélé mon erreur via son article : Mardi, c’est océanographie.
Auguste Piccard

(Source image –> X)
Par moment, le savant incarne l’idée d’un vieux sage barbu détenant tout le savoir. C’est le cas avec Charles Darwin: quelle belle barbe blanche et quel regard profond il possède ! Il est plus proche du grand-père sévère que du papy sympa à la Einstein. Par contre, comme lui, il fait partie des savants révolutionnaires où, à eux seuls, ils ont bousculé un dogme et imposé une nouvelle vision à la science et au-delà (lire aussi: Charles Darwin: l’image du Patriarche).
Charles Darwin

(Source image –> X)
Dans le genre Patriarche mais aussi révolutionnaire et inventeur touche à tout, nous avons l’incontournable Léonard de Vinci. Un esprit curieux, foisonnant et artistique. C’est le savant interdisciplinaire par excellence. Ne faisant pas de véritable distinction entre des multiples activités.
Léonard de Vinci

(Source image –> X)
Et bien sûr, persiste et signe le savant fou, celui qui inquiète plus qu’il ne rassure. Celui qui peut entraîner le monde dans sa folie, à force de vouloir manipuler et contrôler des forces qui dépassent son entendement. L’archétype même est le docteur Frankenstein mais je n’ai pas trouvé d’image de lui puisqu’il est un personnage de fiction.
Savant fou

(Source image –> X)
Très proche mais pas tout à fait, est apparu l’image du savant froid et inhumain. Capable des pires cruautés au nom de la science, j’ai nommé: Josef Mengele. D’après Wikipédia, il était un médecin nazi allemand actif au camp de concentration d’Auschwitz, où il a participé à la sélection des envois vers les chambres à gaz et s’est livré sur de nombreux prisonniers à des expériences à prétention scientifique constituant des violations graves des droits de l’homme (tortures, sévices corporels entraînant souvent la mort).
Josef Mengele

(Source image –> X)
J’ai une tendresse pour le docteur Emmet Brown, de la trilogie « Retour vers le futur ». Il cumule plusieurs représentations: inventeur touche à tout, explorateur, fantaisiste, un poil fou et incarnant une certaine « sagesse » par sa crinière blanche. C’est le parfait savant excentrique avec ses grands gestes.
Emmet Brown

(Source image –> X)
Remarquons que je n’aborde que des personnalités distinctes et individualistes dans leur démarche. Est ce vraiment pertinent dans notre époque actuelle où la recherche se fait de plus en plus en groupe ? D’ailleurs, je me demande si le prix Nobel garde sa valeur dans cette optique… Bref, quel est le cliché qui alimente l’image du savant actuel ? La blouse blanche ! Qui est celle des médecins aussi, donc évocation d’un monde aseptisé où la blancheur règne: laboratoires, hôpitaux…
La blouse blanche, nouvel archétype

Maintenant, domine peut être le savant fourmi, un de plus dans un laboratoire à chercher une bébête et extrêmement spécialisé dans son domaine ? Une signature de plus dans un papier scientifique ? La rigueur, toujours la rigueur et foin de la poésie !
Savant fourmi

Il est toujours intéressant, quand l’expression « tour d’ivoire » revient souvent, de connaître le regard porté sur les scientifiques à travers les archétypes. Notons qu’un personnage peut revêtir plusieurs représentations, en même temps, ou variables dans le temps. Au fond, n’est ce surtout pas la gueule que nous avons qui assure une célébrité vers le public, scientifique ou pas ?
Dimanche 13 décembre 2009
Bin vi, d’habitude, moi et les poireaux, bof, bof. Si c’est cuisiné sous forme de soupe, j’en mange sans problème. Ma douce a bien essayé de faire une tarte avec, ce n’était pas mal mais il nous manquait quelque chose… Jusqu’à ce que je mange une délicieuse tarte aux poireaux d’une connaissance ! Elle a bien voulu me transmettre sa recette, transmise de mère en fille et voici mon premier essai.

Ma foi, pas trop mal réussi et c’était bon. Bien que j’ajouterais un peu plus de sel et d’épices la prochaine fois mais au moins, la côte des poireaux remonte dans mon goût. Et ça change des soupes.
Vendredi 11 décembre 2009
C’était destiné à ma douce mais je l’ai pris sans remords (et avec sa permission quand même, terrible douce). Quoi donc ? Le premier tome des chroniques d’Alvin le faiseur, « Le septième fils ». Outre une superbe couverture et une bonne qualité du papier, particularités qui font exception parmi les livres de poche, je fus emporté dans un monde où se mélange la religion « rationnelle » et les forces « occultes » dans une Amérique des pionniers, celle des années 1800.
On assiste à la naissance palpitante et à l’enfance de Alvin, septième fils de Alvin, lui même septième fils. De quoi lui donner des sacrés pouvoirs, peut être suffisants pour contrer le Défaiseur qui vise le Néant. Peut être pas. A travers Alvin, c’est la découverte d’un monde nouveau où se mélangent personnages réels (Benjamin Franklin, William Blake par exemple) et faits imaginaires. C’est bien écrit, l’humour se dessine par touches, quoi demander de plus ?
Les autres tomes de la chronique, pardi ! Toi qui lui a offert le premier tome, sache que j’ai beaucoup aimé et que j’attends la suite avec impatience ! Quoi, c’est gonflé de ma part ? Sans doute et p’têt que c’est mon charme, épouvantable compagnon de ma douce…

(Scan couverture)
Mercredi 9 décembre 2009
Les films de Terry Gilliam sont toujours bizarre mais le dernier, « L’imaginarium du Docteur Parnassus » m’a complètement embrouillé, au point de sortir du cinéma en rogne. Je n’avais pas compris qu’il y avait quatre acteurs pour interpréter le rôle de Tony. L’acteur, Heath Ledger, étant mort pendant le tournage, Terry Gillam a fait appel à Jonnhy Depp, Jude Law et Colin Farell. Le « coup de bol », c’est que Heath Ledger a interprété le Tony de la réalité dans toutes les prises et il manquait juste le Tony de l’imaginaire, incarné par les trois autres acteurs appelés au lève-pied.
Ca va, tu suis toujours ? C’est qu’il faut distinguer la réalité de l’univers de l’imaginaire qu’offre le docteur Parnassus aux badauds à travers un miroir. Il a plus de mille ans mais il reste un vieux con alcoolique, incapable de ne pas faire de paris stupides avec le diable, M. Nick, qui le nique fort diablement… Et c’est qui fait les frais ? Bibi ? Non sa fille, Valentina. Les décors sont délirants, les effets spéciaux, moins mais je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire à cause de Tony et ses multiples visages justement. Dommage ! Peut être qu’en le revoyant, je l’apprécierais plus.
Ci-dessous, une superbe affiche qui vaut le coup d’oeil et une autre montrant les quatre acteurs (ben vi, ça m’a marqué cette histoire !). Pour finir, voici une critique intéressante, plus riche que la mienne.

(Source image –> X)

(Source image –> X)
Avec sa troupe de théâtre ambulant, « l’Imaginarium », le Docteur Parnassus offre au public l’opportunité unique d’entrer dans leur univers d’imaginations et de merveilles en passant à travers un miroir magique. Mais le Dr Parnassus cache un terrible secret. Mille ans plus tôt, ne résistant pas à son penchant pour le jeu, il parie avec le diable, Mr Nick, et gagne l’immortalité. Plus tard, rencontrant enfin l’amour, le Docteur Parnassus traite de nouveau avec le diable et échange son immortalité contre la jeunesse. A une condition : le jour où sa fille aura seize ans, elle deviendra la propriété de Mr Nick. Maintenant, il est l’heure de payer le prix… Pour sauver sa fille, il se lance dans une course contre le temps, entraînant avec lui une ribambelle de personnages extraordinaires, avec la ferme intention de réparer ses erreurs du passé une bonne fois pour toutes…


