Dimanche 30 novembre 2008
Un an déjà, que cela passe vite un an ! Nous nous étions servi simplement de nos mains.
Commencé en février 2008, le stage d’initiation d’enseignement à la langue des signes française s’est terminé en novembre 2008. Globalement, je suis vraiment content de cette formation qui m’aura permis de rencontrer de multiples gens aux expériences et au parcours divers, d’avoir une meilleur connaissance de la LSF et d’obtenir un autre regard sur la surdité.
J’avoue qu’en plus d’acquérir la structure de la LSF en profondeur, mon but était également de mieux connaître et de mieux comprendre la mentalité des sourds signants à travers le prisme de IVT. C’est chose faite: de nombreux débats ont nourri mes réflexions, les confirmant ou les amenant vers d’autres d’autres chemins. C’est précieux et sachez tous que vos propos ne sont pas tombés dans le regard d’un entendant.

Bravo à tous qui furent présents du début à la fin !
Mais.. qui est le professeur dans cette photo ?
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Vendredi 28 novembre 2008
Dernière semaine du stage IELSF à IVT où la pédagogie générale fut abordée en profondeur. Que de la théorie, avec un peu de pratique ici et là. Le tout riche, dense et passionnant. Saviez vous que le terme « pédagogie » puise son origine dans la Grèce Antique ? A cette époque, « paidagôgos » (paida = enfant et gôgos = conduire) désignait l’esclave chargé d’emmener l’enfant d’une famille riche à l’école. De plus, il devait surveiller son comportement et le corriger si nécessaire. Le terme évolue pour finalement désigner une personne (« pédagogue ») en 1370 et les techniques (« pédagogie ») en 1495. Il faut attendre 1762 pour une reconnaissance officielle du mot « pédagogie » par l’Académie de la langue Française. Que de chemin parcouru !
Une fois de plus, je ne vais pas entrer dans les détails sous peine de rédiger un roman. Sachez simplement que nous avons abordé les différents types de pédagogie (artistique, scientifique, théorique, dictatique), et le triangle d’œdipe ou les relations entre l’enseignant, l’apprenant et l’objet du savoir.
Une chose m’a frappée et qui est pertinent à savoir pour s’adresser à un public, que l’on soit professeur ou non, c’est qu’on retient:
- 10 % de ce qu’on lit.
- 20 % de ce qu’on entend.
- 30 % de ce qu’on voit.
- 50 % de ce qu’on entend et qu’on voit.
- 80 % de ce qu’on qu’entend, qu’on voit et qu’on dit.
- 90 % de ce qu’on qu’entend, qu’on voit, qu’on dit et qu’on fait.
En somme, plus la pratique vient compléter la théorie, plus nous notre mémoire est bonne. Simple à dire mais encore peu appliqué dans l’enseignement général… La difficulté de transmission de connaissances d’un enseignant à des élèves peut se résumer par:
Tout ce que l’enseignant veut dire
ce que l’enseignant dit en réalité
ce que l’élève entend
ce que l’élève écoute
avec attention
ce qu’il retient
ce qu’il peut
utiliser
dans
sa vie
de
tous
les
jours.
Pour une bonne pédagogie, il vaut mieux connaître l’objectif à atteindre, les méthodes pour y parvenir et l’évaluation. Mine de rien, cela prend du travail pour les définir précisément car beaucoup dans l’enseignement de la LSF restent vague sur l’objectif. Comme disait Mager: « Si vous ne savez pas où vous allez, vous arriverez probablement ailleurs ». Ainsi, le professeur nous a défini précisément les critères de l’objectif, global ou partiel (compétences à acquérir + conditions de réalisation + critères de performance), des méthodes (exposée ou interrogative ou analogie ou découverte ou démonstrative) et de l’évaluation (formative ou diagnostique ou sommative).
Passionnant mais aïeuh mon p’tit cerveau !
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- Epilogue
Vendredi 21 novembre 2008
Bien que je n’ai pas vu le film, le battage médiatique autour de H2G2 m’a donné envie de lire la trilogie en cinq volume de Douglas Adams. Envie sans cesse reporté aux lendemains qui chantent, c’est chose faite cette semaine ! Cet ouvrage, paraît-il, est un classique de la SF, un chef-d’œuvre d’absurdité et de non-sens, la bible des anglo-saxons.
La lecture est agréable, l’absurde règne en maître absolu dans l’Univers déjanté. Nous le découvrons au fur et à mesure des pérégrinations d’un Terrien moyen: Arthur Dent qui a vu sa planète détruite pour laisser passage à la plus grande autoroute du bras occidental de la Galaxie. Cependant, j’avoue que je n’ai pas vraiment réussi à entrer dans l’histoire, souriant à quelques passages mais pas de rire franc. Dommage car les bonnes idées fourmillent et ils mettent à bas la Raison et la Logique. Peut être que cela vient de moi, peut être que l’humour britannique se révèle davantage dans la langue d’origine ? Mes tomes préférés sont : le premier et le quatrième, j’ai survolé les autres.
Et vous ?
Plus de détails…
- Site du voyageur intergalactique
- Site de Douglas Adams (en anglais)

(Scan couvertures)
I) Le Guide du voyageur intergalactique
Dans nombre des civilisations les plus décontractées sur la marge orientale de la galaxie, « Le Guide du voyageur galactique » a déjà supplanté la très imposante « Encyclopaedia galactica » comme dépositaire de toutes les sagesses et connaissances. Car, bien qu’il contienne de nombreuses omissions, plusieurs apocryphes et même des affirmations particulièrement fausses, il l’emporte sur son concurrent plus ancien et plus pédant sur deux points importants. D’abord, il est légèrement moins cher. Ensuite, la mention PAS DE PANIQUE est inscrite en larges lettres amicales sur sa couverture.
II) Le Dernier Restaurant avant la Fin du Monde
D’après une théorie, le jour où quelqu’un découvrira exactement à quoi sert l’Univers et pourquoi il est là, ledit Univers disparaîtra sur-le-champ pour se voir remplacé par quelque chose de considérablement plus inexplicable et bizarre. Selon une autre théorie, la chose se serait en fait déjà produite.
III) La Vie, l’Univers et le Reste
Depuis ses origines, la Galaxie a vu de vastes civilisations grandir et s’écrouler, grandir et s’écrouler, grandir et s’écrouler, et cela si souvent qu’il serait fort tentant de penser que la vie dans la Galaxie doit être:
a) quelque chose d’analogue au mal de mer, mal de l’espace, mal du temps, mal de civilisation ou autre ;
et
b) stupide.
IV) Salut, et encore merci pour le poisson
Elle [l'Asile] ressemblait à ça : à une chaussette retournée. Retournée au sens propre, au point qu’ils avaient dû se garer sur la moquette. Tout au long de ce qu’on aurait normalement appelé le mur extérieur, qui était décoré avec goût d’un joli papier rose, on trouvait des rayonnages, une paire de ces drôles de tables sur trépied munies d’un plateau semi-circulaire dont la disposition suggère que l’on vient de lâcher le mur dessus pour les cisailler par le travers, et les gravure manifestement destinée à apaiser l’esprit. Là où ça devenait franchement bizarre, c’était le toit. Il se repliait en effet sur lui même comme si Maurits C. Escher, eut-il été enclin aux soirées arrosées, ce qui n’est pas le rôle de ce récit de suggérer, quoi que, parfois, en regardant ses gravures, en particulier celles avec ses drôles d’escaliers dans tous les sens, on puisse se poser la question comme si Escher, donc de retour d’une de ces soirées en avait été l’auteur, car les petits lustres qui auraient normalement dû pendre à l’intérieur se dressaient joyeusement dehors, pointés à la verticale.
[...]
Wonko le Sain éclata de rire. C’était un rire léger, détendu, comme s’il l’avait longtemps pratiqué et s’en estimait parfaitement satisfait. « Ah oui, c’est en rapport avec le jour où j’ai enfin compris que le monde était devenu complètement fou et que j’ai bâti l’Asile pour l’abriter, pauvre petite chose, en espérant qu’il finira par se rétablir. » C’est à cet instant qu’Arthur commença de nouveau à se sentir un rien nerveux. « Ici, expliqua Wonko le Sain, nous sommes à l’intérieur de l’Asile. » De la main, il engloba les briques nues, les joints et les goutières. « Franchissez cette porte (…), et vous pénétrez dans l’Asile.
V) Globalement inoffensive
Tout ce qui doit arriver, arrivera.
Tout ce qui, en arrivant, entraîne l’arrivée d’autre chose, provoquera l’arrivée d’autre chose.
Tout ce qui, en arrivant, entraîne que ça arrive de nouveau, arrivera de nouveau.
Enfin, pas nécessairement dans l’ordre chronologique.
Mardi 18 novembre 2008
Du 31 octobre 2008 au 8 mars 2009, a lieu une exposition sur le chocolat au Museum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence. Le parcours thématique est classique: histoire du chocolat, techniques de fabrication de ce produit très apprécié en Europe, etc. Mais que voulez vous ? on ne se lasse pas d’en savoir plus sur « le nectar des dieux » qui commence sa fabuleuse odyssée chez les Aztèques.
Petite par sa taille mais grand par son intérêt, l’exposition détonne par une mise en scène originale : des objets éparpillés ici et là. Loin des vitrines froides et de la culture avec un grand Q… Seul bémol qui revient encore et toujours: l’absence de sous-titrage dans un film *sigh*. Les enfants apprécieront et les parents aussi !
Pour ma première exposition à Aix, l’oeil pétillait de gourmandise et la bouche était en fleur, que demander de plus ? Du chocolat of course à croquer à la maison: noir pour moi et au lait pour ma douce.

(Source image –> X)
Plus de détails…
- Museum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence
- Mairie d’Aix-en-Provence
Samedi 15 novembre 2008
Après les premières améliorations sur le graphisme et les fonctionnalités du blog, il me restait à travailler la partie commentaires. C’est chose faîte grâce à darrenhoyt – styling your wordpress comments qui propose des codes CSS et php. Je me suis basé sur le premier pour le personnaliser un peu. Il reste encore une petite touche mais l’essentiel est là. J’espère que l’ensemble vous paraît plus agréable et plus aéré à lire.
J’espère encore ajouter une ou deux fonctionnalités pour les commentaires mais je n’en dis pas plus avant de les avoir installé. D’ici là, je peux dire: OUF !
[EDIT] Vous avez maintenant la possibilité:
- de suivre les commentaires d’un article en cliquant sur le flux RSS. Je pense que c’est plus agréable et moins envahissant que par mails saturant rapidement la boîte.
- d’éditer les messages dans un délai de 15 minutes. Ce qui devrait suffire pour corriger les fautes de frappe, ajouter ou supprimer un passage.
Jeudi 13 novembre 2008
I – Introduction
II – Brève histoire des classifications
III – Evolution des concepts
III- Evolution des concepts
Au delà d’une simple théorie, scientifique ou non, l’histoire des classifications montre qu’elles sont la résultante de notre vision sur la vie et sur notre rapport avec la nature. Ainsi, la théorie de l’évolution et le développement de la génétique fondent la classification phylogénétique du vivant. Elle repose principalement sur la comparaison des caractères morphologiques et des séquences nucléotidiques entre deux espèces. Mais elle continue à utiliser des termes et des idées plus anciens comme la représentation sous forme d’un arbre, les taxons, la nomination binomiale et la comparaison du style « a ou n’a pas le caractère ».
Si elle est généralement admise dans la communauté scientifique, elle reste mal connue du grand public, et ceci pour plusieurs raisons. Premièrement, les principes de la sélection naturelle sont souvent réduites à l’idée manichéenne de la « loi du plus fort ». En outre, le schéma évolutif le plus répandu représente une progression des « poissons » aux « reptiles » puis aux « oiseaux » et aux « mammifères ». Sa structure induit une notion de progrès et d’une complexification croissante qui mène à l’homme. Or, ce schéma démontre la persistance de l’influence de l’Echelle des Êtres qui est un concept développé par Gottfried Leibnitz au XVII-XVIIIe siècle et dont les bases prennent racine chez Platon et Aristote. En suivant une gradation linéaire du plus simple au plus complexe, cette Echelle classe les organismes selon leur degré de perfection: des minéraux jusqu’aux êtres supérieurs (homme, ange…). A cette vision anthropocentriste (l’homme au centre de l’échelle), s’ajoute la vision finaliste qui donne pour but à l’évolution l’émergence de l’homme.
Echelle des Êtres

(Source image –> X)
Similitude avec les schémas évolutifs classiques.


Cependant, même chez les spécialistes, la classification phylogénétique n’est pas exempte de concepts anciens. Il suffit de penser au choix de l’arbre comme modèle de représentation de l’histoire de la vie et des relations de parenté entre les êtres vivants. Horst Bredekamp, historien de l’art et philosophe, a publié récemment un livre, intitulé L’arbre et le corail, qui résume ses enquêtes sur les recherches picturales de Darwin à partir de 1834. Selon l’auteur, Darwin penchait plutôt du côté du modèle des coraux du fait de leur construction anarchique. Finalement, il aurait opté pour le modèle des arbres car il voulait publier L’origine des espèces au plus vite, craignant pour la paternité de ses recherches. Le débat n’est pas tranché mais si le modèle des coraux le remporte sur l’arbre, quelles en seraient les perspectives ?
Références
- Classification phylogénétique du vivant. Edition BELIN (2001).
Auteurs: Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader.
- La classification du vivant, mode d’emploi.
- Evolution. De l’origine de la vie aux origines de l’homme.
- Le corail et l’arbre
Mercredi 12 novembre 2008
I – Introduction
II – Brève histoire des classifications
III – Evolution des concepts
II- Brève histoire des classifications du vivant
La classification phylogénétique est issue d’une riche et longue histoire. Elle prend racine dans un ouvrage fondateur de l’Antiquité: Histoire des plantes de Théophraste (372–287 avant J.C) qui fut l’élève d’Aristote. Bien que le terme botanique ne soit inventé qu’au XIXe siècle par Augustin-Pyramus de Candolle, le besoin d’une classification, portant essentiellement sur les plantes, se fait sentir très tôt pour des raisons utiles.
L’œuvre de Théophraste constitue la référence absolue et le système ne change guère jusqu’au XVIe siècle. Léonhart Fuchs (1501–1565) propose alors une nouvelle classification par ordre alphabétique: une méthode peu pratique mais audacieuse. Elle marque le début de nombreux essais. Durant cette période fructeuse, le terme taxon (niveau hiérarchique) est diffusé par Joseph Pitton de Tournefort (1656–1708). Carl Von Linné (1707-1778) affine en établissant les sept rangs traditionnels (règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre, espèce). Il est également l’auteur du nom binomial: un nom pour le genre et un nom pour l’espèce. Viennent ensuite Bernard de Jussieu (1699–1777) et son neveu, Antoine-Laurent (1748-1836), qui créent une classification performante. Elle est basée sur la définition d’un taxon par un petit nombre de caractères constants partagés par l’ensemble des espèces, et non sur un grand nombre de caractères labiles. Cette classification est reprise et appliquée aux animaux par Georges Cuvier (1769–1832). Pour la première fois, une méthode fonctionne: des familles cohérentes apparaissent. Les idées évoluent alors. Il ne s’agit plus de chercher un système efficace mais de lui donner un sens: trouver l’ordre, de nature divine, régissant la Vie.
Au XIXe siècle, les bases de la théorie de l’évolution sont posées par Jean-Baptiste Lamarck (1744–1829). Il est ensuite discrédité à cause de sa théorie du transformisme (modification d’un organe suite à un besoin et transmission du caractère acquis à la descendance). La théorie de l’évolution prend un réel essor grâce à Charles Darwin (1809–1882) par le biais de son ouvrage L’origine des espèces qui expose le principe de la sélection naturelle (influence de l’environnement sur l’évolution des espèces et hérédité des caractères innés). Bien que faisant scandale à l’époque, ses idées constituent les bases de la théorie moderne de l’évolution. C’est la seule, à ce jour, capable d’expliquer de façon logique et unifiée la diversité de la vie et son histoire évolutive. Cependant, personne ne sait encore comment un individu peut transmettre ses capacités à sa descendance.
Il faut attendre la découverte, en 1953, de la structure de l’ADN par James Watson (1928-…) et Francis Crick (1916–2004). Cette avancée permet de reconnaître le rôle de l’ADN dans la transmission héréditaire. En parallèle, Willi Henning (1913/5-1976) développe la cladistique dans les années 50. C’est une méthode qualitative qui vise à établir les relation de parenté sur la base des caractères de façon à obtenir des groupes monophylétiques. Grâce au développement de la génétique et de la biologie moléculaire dès les années 70, une méthode complémentaire voit le jour: la phénétique qui quantifie les relations de parenté par le calcul du nombre de nucléotides (unité de base de l’ADN) différents entre deux espèces. L’association de la cladistique et de la phénétique donne naissance à la classification phylogénétique. Elle n’est réellement diffusé à un public plus large qu’à partir du début du XXIe siècle.
Premier arbre du vivant par Haeckel en 1866

(Source image –> X)
La fin demain !

