Maigrir sans souffrance, c’est possible

Mosaïques : HumanusScience

samedi 19 mars 2016

Dans le cadre de la semaine du cerveau, du 14 au 20 mars 2016, j’ai pu assister à une conférence organisé par le LabEX CORTEX et accessible aux sourds par la présence d’interprètes en LSF. Le conférencier, Michel Desmurget, s’est retrouvé devant une salle quasi-comble. C’est que le thème avait de quoi attirer les gens : « Comment maigrir en trompant son cerveau ? ».

Silhouette d'une tête de profil avec des légumes à la place du cerveau
[Source image]

L’introduction commence fort : Michel Desmurget, lui-même neuroscientifique, était obèse (plus de 100 kg) et il a tout essayé : Atkins, Dukan et j’en passe. Sans succès et la dépression le guettait. Jusqu’au jour où il a décidé d’éplucher la littérature scientifique, il a pris du recul et à partir des données récoltées, il est arrivé à perdre 50 kg de manière durable. Tilt, l’attention du public se réveille tout de suite.

En gros, la conférence confirme ce que j’ai déjà récolté à droite et à gauche. Dans la pure lignée de mon billet Le terrible pouvoir ravageur des régimes amaigrissants !, il est démontré une fois de plus que les régimes restrictifs et à succès n’ont aucune efficacité à long terme. Ils seraient même néfastes pour la santé en créant l’effet yo-yo : le corps ne cesse de maigrir et de regrossir parfois avec plus de poids qu’avant.

Il serait long et fastidieux de rapporter tous ses propos. Quelques points cruciaux sont à retenir si nous voulons arriver à un résultat durable et efficace :

  • Patience et longueur du temps font plus que force ni que rage. A vouloir perdre 10 kg pour l’été suivant, c’est l’échec assuré. En hiver prochain, les kilos reviendront en force. Il faut donc accepter d’étaler sur trois ans, voire plus.
  • Tout changement doit être progressif et se faire en douceur. Il est très important de manger à sa faim ! Car une modification brutale fera croire au corps qu’il se retrouve dans une situation de famine et il fera tout pour stocker des réserves supplémentaires.
  • Le cerveau évalue au pifomètre la charge énergétique de nos apports alimentaires. Il n’est en rien fiable, d’autant plus que les proportions de nourriture n’ont fait que croître ces dernières années. La « norme » évolue en conséquence.
  • Se concentrer sur les entrées et les sorties d’énergie peut être efficace à condition que cela reste léger, de façon à tromper le cerveau. Sur les entrées, il suffirait d’enlever 200 calories environ (l’équivalent d’un croissant ». Et sur les sorties, de dépenser 200 calories de plus en marchant 30 min par jour. Et ces 30 minutes peuvent être étalées par fraction de 10 min par exemple.
  • L’importance de l’environnement est très sous-estimée. Par exemple, des assiettes plus petites font croire au cerveau que le repas est copieux. Et le corps ne ressentira pas la faim plus tard. L’appliquant quotidiennement, je peux affirmer que ça marche alors que je suis un gros mangeur ! Ou cacher le chocolat au fond d’un placard, ce qui fera réduire la consommation automatiquement.

Et ainsi de suite. Pour résumer, il est essentiel de prendre du recul par rapport à son mode de vie, d’identifier pourquoi nous cédons à une impulsion. Et très souvent, cela vient de l’environnement où nous sommes sans cesses soumis à des stimulus plus ou moins consciemment. Une chose à la fois, doucement et sûrement les calories enlevées ici, là, joueront sur la balance.

Plus de détails…
Interview de Michel Desmurget

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3 Pierrot ont pris leur plume. Et toi ?

  1. nathalie

    Je vois mal en quoi l’approche de Michel Desmurget se distingue des régimes « classiques », et en particulier d’un banal régime « basses calories ». On retrouve en effet :
    – le contrôle des calories
    – la notion d’aliment interdit (sus au Nutella !)
    – l’injonction à faire du sport et à manger plus de légumes

    C’est dommage d’avoir complètement passé sous silence les travaux de Zermatti et Apfeldorfer.
    Enfin, d’un point de vue scientifique, je trouve très gênant le fait d’insister autant sur son propre cas, avec tous les biais qu’on imagine (sexe, âge, situation familiale et socio-professionnelle, …)

    dimanche 27 mars 2016 à 13 h 38 min
  2. Sirtin

    Alors, je réponds point par point :

    Le contrôles des calories : l’objectif est de dépenser un peu plus et d’en avaler un peu moins. Si on en fait trop d’un côté (dépenses) ou de l’autre (gains), ce n’est pas bon pour notre organisme. Et pour cela, c’est bien d’avoir une idée de ce que nous consommons car nous n’en avons pas forcément conscience. Il ne s’agit pas non plus de verser dans l’autre extrême à tout calculer.

    les aliments interdits : au contraire, il n’y a pas d’interdits comme c’est le cas pour les régimes classiques. On peut manger ce qu’on veut, à sa faim.

    le sport et les légumes : même pas puisqu’on peut manger ce qu’on veut et que faire trop de sport n’est pas bon non plus.

    Par contre, c’est vrai pour les points suivants :
    – pas de mention des travaux de Zermatti et Apfeldorfer. J’ai oublié de lui poser la question.
    – il se base sur son cas effectivement et il se base aussi sur les données de la littérature scientifique. Donc pas si biaisé que ça.

    🙂

    lundi 28 mars 2016 à 18 h 56 min

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