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Vendredi 5 février 2010

Bien qu’ayant adoré Les chroniques d’Alvin le Faiseur, je restais un peu sur ma faim sur le dernier tome « La cité de cristal » à cause de sa rupture brutale avec les cinq tomes précédents. A partir de là, l’histoire perdait sa superbe continuité qui faisait la force de la série. J’avais lu sur le Net qu’Orson Scott Card avait écrit deux nouvelles avant « La cité de cristal » : « L’homme-au-grand-sourire » paru dans « Légendes » de Silveberg et « Sur le Yazoo Queen » publié dans « Légendes de la fantasy 1″ de Silveberg toujours.

Je m’empresse donc d’acheter ces deux anthologies pour les dévorer ! Verdict : j’ai bien aimé la rencontre entre Alvin, Arthur Stuart (son jeune compagnon de voyage) et Davy Crockett raconté dans « L’homme-au-grand-sourire ». C’est bien écrit et c’est drôle. Bien qu’évoqué dans le tome 6 par Arthur, c’est plutôt une histoire inédite à lire en bonus. L’histoire qui manque et dont fait référence le début du tome 6 est le « Sur le Yazoo Queen » avec l’apparition de Jim Bowie, le Tueur au couteau, et Abraham Lincoln. Ce n’est pas mal mais sans plus.

Je comprends mieux le début de « La cité de cristal », la continuité de l’histoire est meilleure mais je regrette quand même cette rupture entre les tomes 5 et 6. Que sont devenus ses compagnons, En-vérité Cooper et Mike Fink, qui l’accompagnaient ? Et Peggy la Torche, trop en retrait à mon goût… J’espère que sortira bientôt le prochain tome « Master Alvin », qu’il sera le dernier (septième tome sur l’histoire de Alvin, septième fils d’un septième fils, ça serait joliment tourné !) et surtout qu’il gardera une belle continuité avec le reste de la chronique. Je croise les doigts, *gniiiiiiih* !!

Mercredi 20 janvier 2010

Sitôt terminé le premier tome des chroniques d’Alvin le Faiseur d’Oson Scott Card, Le septième fils, je n’avais plus qu’une idée en tête : connaître la suite, la suite, la suiteuuuuh ! C’est chose faite grâce aux miracles de l’Internet, une petite commande et zou les voilà à portée de main en moins d’une semaine. Toujours aussi belles les couvertures et le papier granuleux au contact.

Et là, je perdis la raison et la réalité, plongé entièrement dans l’histoire. Je lève la tête du bouquin et voilà 4h qui se sont envolés en une seconde. Ah ces moments exquis de la lecture profonde où je lisais à la fois vite et lentement, où je me couchais chaque nuit à 2h du matin et n’ayant qu’une idée en tête, connaître la suiteuuuuh au rythme effréné d’un livre par jour. J’ai enfin pu tourner la dernière page, yeux cernés et cerveau en marmelade, aller me coucher et dormir à poings fermés, cavalant mes rêves fantastiques que j’ai vite oubliés, hélas !

Les chroniques d’Alvin narre la vie d’un Faiseur dans le cadre de l’Amérique du 19e siècle, du temps des pionners et des indiens, de la colonisation et de la « civilisation », à la fois imaginaire et réelle, magique et technologique. Dans ce monde, chacun a un talent, une sorte de don qui lui est propre mais le Faiseur est celui qui cumule plusieurs dons, si ce n’est presque tous. C’est le cas de Alvin, septième fils d’un septième fils, d’où son statut. Il doit la vie à Peggy, une Torche capable de voir les multiples avenirs, sans qui il n’aurait jamais pu naître et c’est toujours grâce à elle qu’il a pu grandir et atteindre l’âge adulte. Sans elle, le Défaiseur aurait eu vite raison de lui.

Le Défaiseur ? C’est une puissance qui cherche à réduire l’Univers à néant, qualifié de maléfique à moins qu’il ne s’agît d’une version magique de l’entropie ? Bref, tous les oppose: le Faiseur et le Défaiseur, Alvin et les apparitions du Défaiseur. Mais quelle est la tâche précise de Alvin ? Contrer le néant d’accord mais comment ? Telle est sa folle quête, voire désespérée tout au long de son apprentissage et de ses errances dont il croisera des multiples personnages plus ou moins réels: Napoléon Bonaparte, Mot-pour-mot (William Blake), Abraham Lincoln, Tenskwatawa, Honoré de Balzac…

C’est une véritable épopée qu’a construit Orson Scott Scard sur plusieurs années :

* Le Septième Fils (1987)
* Le Prophète rouge (1988)
* L’Apprenti (1989)
* Le Compagnon (1995)
* Flammes de vie (1998)
* L’homme-au-grand-sourire, nouvelle parue dans Légendes de Silveberg (1998)
* Sur le Yazoo Queen, nouvelle parue dans Légendes de la fantasy 1 de Silveberg (2003)
* La Cité de cristal (2003)
* Master Alvin (à paraître)

Le plus remarquable est d’avoir réussi à garder une réelle continuité entre les différents tomes. A part le dernier, La Cité de cristal, qui m’a déçu car en rupture brutale avec Flammes de vie. Une grande partie de l’histoire d’Alvin se trouve dans deux nouvelles: The Grinning Man et Le Yazoo Queen que je me procurerais sans doute mais c’est dommage car le lecteur est perdu et la cohérence, jusque là solide, se délite. Apparemment, il existe encore une suite mais qui se fait attendre. J’espère que ce sera le dernier: 7 tomes en tout pour retracer la vie de Alvin, septième fils d’un septième fils, pas mal non ?!

Samedi 16 janvier 2010

« Dans la brume électrique », livre offert pour Noël (purée, la pile que j’ai à finir !), est un bon polar poisseux et glauque qui endort le regard et engourdit l’esprit. La scène se passe dans le New Iberia de la Louisane où le détective Dave Robicheaux enquête sur les meurtres de jeunes filles. Tueur en série ? Détraqué ? Mac en manque quand on découvre qu’il s’agît de prostituées ? Ca ne s’arrange pas avec la découverte par Elrod Sykes, une grande star hollywoodienne, d’un homme noir momifié et enchaîné. Or, Dave a vu ce meurtre en direct quand il avait 19 ans. Ca s’arrange encore moins quand Balboni, un rital de la Pègre, débarque dans la ville…

Poisseux je le dis comme j’aime et Dave qui se démène au beau milieu de la gluante toile d’araignée, le voilà qui sombre qui sombre et qui sait pourra élucider toute cette affaire ? Avec l’aide du général confédéré surgissant de la brume, réelle apparition du passé ou un fantôme de plus dans la tête du détective Dave ? Au fond, il ne se passe pas grand chose mais ce fut un vrai plaisir de le lire ! Surtout quand l’auteur me surprend dès la première page avec ses longues phrases sans virgule ou si peu.


(Scan couverture)

Jeudi 14 janvier 2010

Ceux qui me connaissent savent que je n’ai toujours pas dépassé le stade anal comme en témoignent mes nombreuses vannes pourries sur le thème « pipi-caca » (*). Ceux qui ne me connaissent pas, bah, vous le savez maintenant. Il paraît (je dis bien, « il paraît ») qu’il suffit que je débarque dans un coin (et non le p’tit coin) pour que la conversation s’oriente sur les déchets organiques. Bref, comme par hasard, mon pater m’offre pour Noël ce livre intitulé « Comment chier dans les bois ? ».


(Scan couverture)

Aussitôt ma curiosité fut en alerte mais ce n’est que aujourd’hui que j’ai pu le lire. j’avoue : je me suis bien marré et j’en ai rajouté des tonnes en citant des passages face à ma douce horrifiée. L’auteur, Kathleen Meyer, soulève un point intéressant : vous aurez beau parcourir maint livres et guides sur les voyages dans la « nature sauvage » et acquérir plein de conseils sur la survie, comment monter un bivouac, faire du feu mais aucun sur la manière de chier dans les bois ! Comment le faire sans nuire à sa propre image, sans gêner les autres et sans affecter l’environnement ?

La question peut paraître triviale mais elle se révèle très juste. Après tout, la merde contient une pléthore de bactéries dont certaines aux propriétés virulentes. Lâchez une bouse purulente et la voici disséminée aux quatre coins de la terre sous l’action de la pluie et du vent. C’est de cette manière qu’aux Etats-Unis, il n’existe plus de ruisseau dont l’eau ne peut être bue sans avoir une forte probabilité de contracter une Diargianis. Quézaco ? Une maladie justement véhiculée les matières fécales dans l’eau.

Imaginez: 6 milliards d’humains qui chient dans le monde, ça fait des tonnes de merde à évacuer. Dans les villes, on se pose pas la question on chie on tire la chasse (et non chiasse) d’eau et on se pose pas la question de savoir où ça débarque. Mais quand on fait de l’escalade et qu’il faut éviter les bombes volantes ? Faire de la spéléo quand vient aux tripes un besoin urgent ? Une promenade dans la forêt sans se faire piquer les fesses et sans laisser des traces pour les prochains randonneurs ? De l’alpinisme en haute montagne et que souffle dehors un blizzard à faire geler la bite d’un phoque ? Que faire dans ces situations pour le moins délicat ?

Kathleen Meyer a le mérite de proposer des solutions pratiques même si elles sont peu ragoutantes et font augmenter en flèche le « facteur de dégoût ». Par exemple, des toilettes portables, type conteneur pour plusieurs personnes, afin d’emmener la merde avec soi (ironie: la bouffe diminue dans les sacs et en contre-partie…). Ou déposer ses déjections pour une décomposition optimale, sans que ce soit emportée par la pluie ou les rivières, etc. C’est vrai que c’est radical ce qu’elle propose mais elle fait réfléchir sur un sujet peu abordé, voire tabou. Que faire de la merde des hordes de touristes qui débarquent dans des endroits « exotiques », « sauvages », « merveilleux » en prenant en compte les facettes hygiéniques, environnementales et de confort ?

(*) et mes articles…
- Dossier sur le caca
- Dossier sur le pipi
- Tout sur le pet
- Roter, c’est la santé

Vendredi 11 décembre 2009

C’était destiné à ma douce mais je l’ai pris sans remords (et avec sa permission quand même, terrible douce). Quoi donc ? Le premier tome des chroniques d’Alvin le faiseur, « Le septième fils ». Outre une superbe couverture et une bonne qualité du papier, particularités qui font exception parmi les livres de poche, je fus emporté dans un monde où se mélange la religion « rationnelle » et les forces « occultes » dans une Amérique des pionniers, celle des années 1800.

On assiste à la naissance palpitante et à l’enfance de Alvin, septième fils de Alvin, lui même septième fils. De quoi lui donner des sacrés pouvoirs, peut être suffisants pour contrer le Défaiseur qui vise le Néant. Peut être pas. A travers Alvin, c’est la découverte d’un monde nouveau où se mélangent personnages réels (Benjamin Franklin, William Blake par exemple) et faits imaginaires. C’est bien écrit, l’humour se dessine par touches, quoi demander de plus ?

Les autres tomes de la chronique, pardi ! Toi qui lui a offert le premier tome, sache que j’ai beaucoup aimé et que j’attends la suite avec impatience ! Quoi, c’est gonflé de ma part ? Sans doute et p’têt que c’est mon charme, épouvantable compagnon de ma douce…

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(Scan couverture)

Vendredi 27 novembre 2009

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

Ce mot magique pour lequel ont bataillé bon nombre de personnes, à travers les siècles. Et que continue un groupe, les Voltés, en 2084 au sein de Cerclon. Une cité spatiale, située sur un astéroïde proche de Saturne, là où se sont réfugiés des terriens pour fuir la guerre chimique qui ravage la Terre. Ici, pas de dictature, pas de répression mais une démocratie très proche de la notre si ce n’est qu’elle poussée à son paroxysme. Et cette démocratie devient, à sa manière, une oppression de l’insolite, du bizarre, bref de la hors-norme. Ici, tout doit être régulé, géré au sein de la norme, au point d’en étouffer créativité et inventivité. C’est ce que lutte un groupe de personnes charismatiques, le Bosquet. Non point des chefs car ils sont anarchiques mais des noyaux durs d’idées et d’actions: Capt, le philosophe, Kamio, le peintre humaniste, Slift, l’immoraliste en actes, etc.

Telle est la trame du premier roman de Alain Damasio. J’avais adoré son deuxième roman, La Horde du Contrevent, mais j’attendais la sortie en version poche avant de lire enfin « La zone du Dehors ». Le sujet est beaucoup plus politique mais passionnant et surtout bien construit sur les arguments opposés par les deux « clans »: Bob Volte et John Norme. Je me suis amusé à reconnaître des procédés d’écriture qui allaient être poussés plus loin dans « La Horde du Contrevent »: éclatement des points de vue des personnages (bien qu’ici Capt démarque clairement des autres), écriture de la ponctuation qui prend parfois le pas sur le texte, notion du vif, même façon de parler entre Slift et Golgoth…

Un régal que ce livre et qui illustre à merveille la citation de Thierry Van Humbeeck:

Bien plus que le bruit des bottes,
je crains le silence des pantoufles.

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(Source image –> X)

Vendredi 13 novembre 2009

Oh, un deuxième roman de Carlos Ruiz Zafon, l’auteur de L’ombre du vent, oh, oh ! Un cadeau pour ma douce, un cadeau que je m’empresse de lui ôter des mains pour le dévorer et le savourer pleinement. Une nouvelle histoire qui se passe de nouveau à Barcelone mais dans les années 20, juste avant la guerre civile espagnole. C’est, une fois de plus, une vie entière qui se déroule avec ses illusions, ses espoirs, ses amours et surtout ses tristesses et ses haines. J’ai trouvé « Le jeu de l’ange » plus sombre et plus pessimiste que le premier mais l’écriture reste toujours aussi envolée.

C’est l’histoire d’un garçon, David Martin, qui devient vite orphelin et rêve d’être écrivain. Il y parvient mais ce n’est pas tout à fait ce qu’il imaginait, ni la vie qu’il croyait entreprendre. Il y arrive grâce à des rencontres, savoureux personnages secondaires tels que Don Pedro Vidal, dandy à tout heure, Sempere, libraire puisant sa croyance dans les livres, Isabella qui a le caractère de sa grand-mère italienne, surnommée « La vésuve » par le quartier et j’en passe. Poursuit son chemin, le petit David, devient grand pour finir par écrire une sombre histoire susceptible d’entraîner la perte de son monde. Va-t-il s’en sortir Martin ?

Palpitant !
Que du bon !

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(Scan couverture)